Présidentielle 2027 : Marine Le Pen en tête avec 37 à 38 % des intentions de vote, un second tour face à Jean-Luc Mélenchon se dessine selon Odoxa
Par Dimitri Scudo
Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, Marine Le Pen arriverait en tête du premier tour de la présidentielle 2027 et affronterait Jean-Luc Mélenchon au second tour, quel que soit le candidat du bloc central.
À six mois du premier tour, la photographie électorale se précise. Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone pour Public Sénat et la presse régionale, dévoilé ce mercredi 15 octobre, Marine Le Pen caracolerait en tête du premier tour de la présidentielle 2027 avec 37 à 38 % des intentions de vote, et se retrouverait au second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Un duel que la candidate du Rassemblement national remporterait, selon l'institut, « largement ».
Un deuxième tour RN-LFI dans toutes les configurations
L'étude, réalisée avant la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate dimanche dernier, teste deux hypothèses côté bloc central. Dans la première, avec Édouard Philippe candidat, le maire du Havre recueillerait 17 % des voix, un point derrière Jean-Luc Mélenchon (18 %). Dans la seconde, si Gabriel Attal remplaçait l'ancien Premier ministre, l'écart se creuserait encore : 18,5 % pour le leader Insoumis, contre 11 % seulement pour l'ancien ministre de l'Éducation. Dans les deux cas, la conclusion est identique : le second tour opposerait Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.
Autrement dit, le camp présidentiel, que ce soit par Philippe ou par Attal, serait éliminé dès le premier tour. Après dix ans de macronisme, la séquence est lourde de sens : le fameux « en même temps » n'aurait réussi qu'à nourrir ses deux adversaires, au point de se retrouver aujourd'hui incapable de qualifier l'un des siens pour la finale.
Le scénario rêvé du Rassemblement national
Pour le RN, ce sondage dessine une configuration quasi idéale. D'une part, la dynamique est confirmée : 37 à 38 % au premier tour, c'est un socle qui dépasse de loin les scores historiques du mouvement et qui rapproche la présidente du parti d'un seuil symbolique jusqu'ici inatteignable. D'autre part, l'adversaire désigné est celui que la droite nationale aurait elle-même choisi. Jean-Luc Mélenchon cristallise les rejets : sa radicalité, sa ligne sur l'international, les outrances répétées de son mouvement en font un repoussoir pour une large partie de l'électorat, y compris à gauche. Difficile d'imaginer, dans cette hypothèse, un front républicain capable de se reconstituer comme en 2017 ou en 2022. Le verdict d'Odoxa, une victoire « largement » acquise pour Marine Le Pen au second tour, en est la traduction chiffrée.
La gauche de gouvernement, elle, paie le prix de sa fragmentation. La primaire sociale-démocrate, remportée dimanche par Raphaël Glucksmann, n'a pas encore été intégrée dans cette mesure d'opinion. Mais la mécanique est connue : chaque candidat supplémentaire à gauche affaiblit l'ensemble, sauf à servir de marchepied au plus radical d'entre eux, le seul capable de mobiliser un électorat discipliné. La stratégie de la Nupes, qui consistait à normaliser LFI par l'alliance, produit désormais son effet le plus pervers : elle installe Mélenchon comme le débouché naturel de la gauche, et offre à la droite nationale l'adversaire le plus commode.
Un bloc central à la dérive
Reste le casse-tête du camp macroniste. Le sondage Odoxa illustre une donnée structurelle : ni Édouard Philippe (17 %) ni Gabriel Attal (11 %) ne parviennent à fédérer un électorat dispersé entre la tentation du vote utile à droite et le retour vers la gauche modérée. Le report de voix entre les deux hypothèses le montre clairement : quand Attal entre en lice, ce sont près de six points qui s'évaporent du bloc central, sans bénéficier à Mélenchon. C'est donc bien l'offre elle-même qui ne convainc plus, pas seulement les personnes.
On le répète depuis des mois : à force d'avoir gouverné en promettant d'incarner le barrage aux extrêmes, la macronie a vidé de sa substance le clivage qu'elle prétendait incarner. Elle se retrouve aujourd'hui spectatrice d'un match à deux qu'elle a largement contribué à organiser, entre une droite nationale consolidée et une gauche radicale qui a phagocyté ses partenaires.
Prudence de méthode, tendance de fond
Bien sûr, il ne s'agit que d'un baromètre, réalisé à six mois du scrutin et avant l'entrée en campagne effective des principaux protagonistes. Les jeux ne sont pas faits, et l'histoire électorale regorge de favoris d'automne démentis au printemps. Mais les tendances lourdes que révèle cette étude, ascension continue du RN, effritement du centre, domination de LFI sur la gauche, se retrouvent depuis de longs mois dans la plupart des enquêtes d'opinion.
La question qui se pose désormais au camp républicain, au sens large, n'est plus de savoir comment battre Marine Le Pen au second tour. Elle est de savoir s'il restera, en 2027, un candidat crédible pour l'y affronter. Sur ce point, le sondage Odoxa apporte une réponse qui devrait faire réfléchir bien au-delà du seul Rassemblement national.
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