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Jeremstar s'asperge d'eau bénite sur TikTok : une provocation qui choque les catholiques

Par Rudy Levasseur

L'influenceur Jeremstar, suivi par plus d'un million d'abonnés, s'est filmé en train de se moquer des symboles de la foi catholique au Haunted Warren Museum de Salem, dans le Massachusetts. La séquence, diffusée sur TikTok, suscite l'indignation de nombreux fidèles.

Jeremstar s'asperge d'eau bénite sur TikTok : une provocation qui choque les catholiques

La vidéo n'a rien d'un dérapage involontaire. Filmée au Haunted Warren Museum de Salem, dans le Massachusetts, et diffusée ces derniers jours sur TikTok, elle montre l'influenceur français Jeremstar, un crucifix à la main, s'aspergeant d'eau bénite devant une fontaine dont l'inscription, en anglais, précise que son eau est régulièrement bénite par un prêtre. Les visiteurs du musée sont invités à s'en servir avant de pénétrer dans l'établissement. C'est devant cette installation que l'intéressé a choisi de se livrer à une séquence présentée comme humoristique, destinée à ses plus d'un million d'abonnés, dans une vidéo relayée par le compte X L'Écho Chrétien :

La diffusion de la scène a soulevé la consternation de nombreux catholiques, qui y ont vu une dérision délibérée de ce qu'ils ont de plus sacré. Le média Tribune Chrétienne, qui a révélé l'affaire ce samedi 24 octobre, qualifie la prestation d'« offensante, blasphématoire et ridicule » et pose une question qui résume le malaise : « Quelle autre religion tolère ça ? »

Un décor choisi, des symboles instrumentalisés

Le cadre de la vidéo n'est pas anodin. Le Haunted Warren Museum de Salem présente plus d'un millier d'objets liés à l'occultisme et aux phénomènes surnaturels, dont la célèbre poupée Annabelle, popularisée par la saga cinématographique Conjuring. L'établissement se rattache à l'histoire d'Ed et Lorraine Warren, couple américain connu pour ses enquêtes sur des affaires présentées comme paranormales, et dont la collection historique se trouve à Monroe, dans le Connecticut. Comme le rappelle Tribune Chrétienne, il ne s'agit ni d'un musée catholique ni d'une institution reconnue par l'Église : les récits de possessions qui entourent les objets exposés relèvent des affirmations de leurs propriétaires.

Qu'on puisse sourire de ces légendes de fantômes est une chose. Que l'on en profite pour ridiculiser le crucifix et l'eau bénite en est une autre. Car ces signes ne sont pas des accessoires de parcours scénographique : pour les catholiques, l'eau bénite appartient aux sacramentaux de l'Église et rappelle la grâce du baptême, tandis que le crucifix représente le Christ mort pour la rédemption des hommes. Le Catéchisme de l'Église catholique précise, au paragraphe 1668, que les sacramentaux sont des signes sacrés institués pour disposer les fidèles à recevoir la grâce.

La provocation comme fonds de commerce

Jeremstar n'en est pas à sa première mise en scène tapageuse. L'influenceur s'est fait connaître par ses provocations et ses extravagances, jusqu'à inviter Kylian Mbappé dans sa baignoire, un format qui a contribué à bâtir sa notoriété sur les réseaux sociaux. La mécanique est rodée : capter l'attention par la transgression, transformer la controverse en audience, l'audience en revenus. Dans cette économie de l'outrance, le sacré devient un gisement de clics comme un autre.

Il n'est pas indifférent, à cet égard, que la cible choisie soit le christianisme. La question posée par Tribune Chrétienne renvoie à une évidence que chacun peut mesurer : peu d'influenceurs se risqueraient à traiter avec le même mépris les symboles d'autres religions, conscients des conséquences qu'une telle provocation ne manquerait pas d'entraîner. Le catholicisme, lui, est supposé tout encaisser. Cette asymétrie, les fidèles la constatent depuis longtemps, et la vidéo de Jeremstar en offre une illustration supplémentaire.

La liberté d'expression ne dispense pas du respect

Le christianisme n'a jamais exigé que chacun partage sa foi, et n'interdit pas davantage la critique, même vigoureuse, de ses doctrines. Mais, comme l'écrit Tribune Chrétienne, « il existe une différence entre discuter une croyance et traiter délibérément ses signes sacrés avec mépris ». Le caractère prétendument humoristique d'une séquence ne dispense pas son auteur de toute responsabilité, surtout lorsqu'elle s'adresse à un public d'un million d'abonnés, dont une partie jeune et influençable.

L'épisode interroge enfin sur la qualité d'un divertissement qui confond la dérision avec l'intelligence. « Il est certainement plus facile de transformer le sacré en spectacle que de proposer un humour véritablement intelligent », conclut le média. Et lorsque la Croix du Christ devient un simple accessoire de divertissement, ce n'est pas la foi catholique qui devient ridicule : c'est le spectacle lui-même qui révèle ses limites. À l'heure où nous écrivons, l'influenceur n'a pas réagi publiquement à la polémique.

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