Le lycéen Elwan Benoît défile aux côtés de Manon Aubry et s'en prend au Rassemblement national
Par Clarence Azolina
Aperçu samedi 24 octobre dans le cortège parisien aux côtés de l'eurodéputée insoumise, le lycéen de 17 ans devenu l'un des visages de la mobilisation a critiqué le Rassemblement national au micro du média Le Crayon.

Elwan Benoît, le lycéen de 17 ans devenu en trois semaines l'un des visages les plus médiatisés de la mobilisation lycéenne, a été aperçu samedi 24 octobre dans le cortège parisien aux côtés de l'eurodéputée de La France insoumise Manon Aubry. Interrogé par le média Le Crayon, l'adolescent a défendu les revendications du mouvement sur le pouvoir d'achat et l'éducation, avant de s'en prendre frontalement au Rassemblement national, estimant que voter pour ce parti ne permettrait « jamais aux Français de s'en sortir dans la vie ».
Une présence remarquée dans le cortège
Selon le compte-rendu publié par Le Crayon sur le réseau X, le jeune homme était « présent à la mobilisation du 24 octobre » et y défendait « les revendications autour du pouvoir d'achat et de l'éducation ». La séquence, largement relayée, le montre en compagnie de Manon Aubry, cheffe de file insoumise au Parlement européen, qui avait appelé dès jeudi, sur franceinfo, le gouvernement « à revenir sur ces interdictions » de rassemblements, au nom du « droit constitutionnel à manifester ».
La journée de samedi s'est déroulée sous haute surveillance. Après les violences du 17 octobre, qualifiées d'actes « politiques et séditieux » par Emmanuel Macron, seules les manifestations syndicales étaient autorisées. À Paris, un seul cortège a été toléré, entre Bastille et Nation, avec des effectifs de forces de l'ordre renforcés de 20 % par rapport à la semaine précédente. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a fait état de 217 incarcérations dans le cadre du mouvement, selon Le Dauphiné Libéré.
Trois semaines pour passer du blocus aux drapeaux insoumis
Le parcours du jeune lycéen mérite d'être retracé. Révélé le 4 octobre par une vidéo du vidéaste Vincent Lapierre, tournée devant le lycée Jacques-Decour, dans le 9e arrondissement de Paris, lors d'un blocus, Elwan Benoît avait alors séduit une partie des internautes par son aisance oratoire. « Il faut que les médias montrent les revendications des élèves au lieu de montrer ceux qui brûlent et qui cassent », déclarait-il dans cet extrait devenu viral, rapporte le quotidien suisse Blick.
Depuis, l'adolescent s'est fait photographier embrassant Jean-Luc Mélenchon sur la joue, a multiplié les interviews et les prises de parole, au point d'être décrit par Blick comme un jeune homme « proche de LFI » dont la surmédiatisation suscite « autant d'enthousiasme que de critiques ». Sa présence samedi aux côtés de Manon Aubry, sous les couleurs insoumises, vient confirmer cet ancrage.
Une charge contre le premier parti d'opposition
C'est sa sortie contre le Rassemblement national qui a le plus fait réagir. En jugeant qu'un vote pour le RN condamnerait les Français à ne pas « s'en sortir dans la vie », le lycéen reprend à son compte l'un des arguments de campagne récurrents de La France insoumise contre le parti de Marine Le Pen, alors que celui-ci rassemble précisément une fraction croissante de l'électorat jeune et populaire, celui-là même que le mouvement lycéen prétend incarner.
La rapidité avec laquelle un adolescent de 17 ans, inconnu il y a trois semaines, s'est vu offrir une exposition médiatique considérable et un accès direct aux têtes d'affiche de la gauche radicale interroge. Qu'un lycéen s'engage est chose ordinaire dans l'histoire des mobilisations françaises. Qu'il devienne, en quelques jours, un porte-voix promu par tout un appareil partisan l'est moins. Reste à savoir si les lycéens, dont beaucoup bloquent pour leurs études et leur avenir, se reconnaissent dans ce rôle tout tracé.
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