AIMF : Paris a voté 21,2 M€ en treize ans, aucun compte au Journal officiel après l'exercice 2013
Par Dimitri Scudo
À Paris, une association sur trois subventionnée au-delà de 153 000 € n'a aucun compte récent au Journal officiel. L'AIMF, présidée par Anne Hidalgo de 2014 à 2026, s'y arrête à 2013, mais publie ses comptes 2015-2022 sur son site.
L'Association internationale des maires francophones (AIMF), présidée par Anne Hidalgo de 2014 à 2026, a déposé son dernier compte au Journal officiel le mercredi 14 janvier 2015. Il portait sur l'exercice 2013. De 2014 à 2026, le Conseil de Paris lui a voté 21 241 000 euros, selon les données ouvertes de la Ville. La loi impose cette publication au-delà de 153 000 euros de subventions annuelles.
L'AIMF n'est pas une exception. Le croisement des bénéficiaires parisiens de 2024 avec le registre du Journal officiel, refait association par association le 31 octobre 2026, donne une mesure nouvelle : sur 234 associations au-dessus du seuil, 91 n'ont aucun compte 2024 ou 2025, et 76 ont un dernier compte antérieur à 2022, ou aucun. Soit 32 %, pour 33 millions d'euros votés cette seule année.
Ces comptes ne sont pas forcément introuvables ailleurs. L'AIMF met en ligne ses bilans et comptes de résultat de 2015 à 2022 sur son propre site, et elle fait auditer sa comptabilité. La question posée ici est ailleurs : elle porte sur ce que font de cette obligation ceux qui signent, année après année. Car la Ville de Paris connaît la règle. Son Inspection générale l'a couchée dans un rapport de mai 2018.
Le travers ne suit pas les frontières politiques.
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