Mosquées : Emmanuel Grégoire réclame d'autres édifices "à l'image du peuple"
Par la rédaction Le Rempart
Lors du centenaire de la Grande Mosquée de Paris, le 15 juillet 2026, Emmanuel Grégoire a souhaité la construction d'autres grandes mosquées en France. Une déclaration qui relance le débat sur la loi de 1905.
On croyait tout avoir entendu du nouveau maire de Paris, élu en mars dernier. C'était mal le connaître. Le 15 juillet 2026, à l'occasion de la cérémonie du centenaire de la Grande Mosquée de Paris, Emmanuel Grégoire a déclaré : « Je pense que nous mériterions d'avoir d'autres grandes mosquées dans notre pays, pour être plus à l'image du peuple qui compose le pays. » Une sortie remarquée, rapportée notamment par Boulevard Voltaire, qui n'est pas passée inaperçue.
Un discours prononcé devant tout le gratin
La cérémonie marquait les 100 ans de l'édifice du 5e arrondissement, inauguré le 15 juillet 1926 en hommage aux soldats musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Autour du maire, la République avait sorti le beau linge : Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, Aurore Bergé, ministre déléguée à l'Égalité, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, le préfet de police Patrice Faure et Florence Berthout, maire du 5e. Un parterre d'élus et de ministres donc, devant lequel le successeur d'Anne Hidalgo a choisi d'appeler à multiplier les grandes mosquées sur le territoire national.
La loi de 1905, cette vieille connaissance à contourner
Le recteur Chems-eddine Hafiz a lui-même rappelé lors de la cérémonie la « gymnastique juridique » qu'il avait fallu déployer en 1926 pour construire la mosquée « pour passer outre la loi de 1905 ». Un siècle plus tard, le problème reste entier : la loi de séparation des Églises et de l'État interdit aux collectivités de financer des édifices cultuels. Sauf en Alsace-Moselle, où le concordat local a permis à la ville de Metz de voter, le 15 juillet 2024, une participation de 490 000 euros à la construction de sa grande mosquée, pour un coût total estimé à 15,7 millions d'euros.
C'est là que l'appel d'Emmanuel Grégoire prend toute sa saveur. Réclamer « d'autres grandes mosquées », c'est nécessairement poser la question du financement. Qui paiera ? Les fidèles, comme le veut le principe laïque ? Ou le contribuable, par des tours de passe-passe juridiques dont les édiles socialistes sont coutumiers ? Le maire de Paris, lui, n'a pas précisé. Les grandes intentions, oui ; les modalités, on verra plus tard.
Des priorités, à la mairie de Paris
Entre la création d'une « classique grand parisienne » cycliste sur les traces du Tour de France, la réunion de crise convoquée pour la tour Montparnasse et maintenant l'appel à bâtir de nouvelles mosquées, le premier édile de la capitale affiche un agenda pour le moins éclectique. On se permettra de rappeler que les Parisiens, eux, attendent surtout des rues sûres, propres et des impôts locaux maîtrisés. Mais visiblement, être « à l'image du peuple » est un concept étonnamment élastique à l'Hôtel de Ville.
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