Jean-Michel Aphatie dérape sur X : un sous-entendu antisémite qui fait bondir toute la classe politique
Par la rédaction Le Rempart
Le journaliste Jean-Michel Aphatie a publié sur X un message laissant entendre que tous les milliardaires seraient juifs, provoquant un tollé transpartisan et des condamnations venues de tout l'échiquier politique.
Un tweet qui ne passe pas
C'est le genre de sortie qui, en quelques caractères, peut briser une carrière médiatique patiemment construite. Jean-Michel Aphatie, éditorialiste connu des auditeurs de radio et des téléspectateurs, a publié sur le réseau X (ex-Twitter) un message sous-entendant que tous les milliardaires seraient juifs. Un raccourci aussi grossier que dangereux, qui ravive l'un des plus vieux clichés de l'antisémitisme, celui de l'argent et d'une prétendue conspiration des élites. La publication a été massivement relayée, commentée, et les réactions n'ont pas tardé.
Car pour une fois, la classe politique a parlé d'une seule voix. De la droite républicaine à la gauche, en passant par la majorité présidentielle, élus et responsables de partis ont publiquement désapprouvé ces propos, rappelant au passage qu'associer richesse et judaïté relève d'une rhétorique complotiste banale. Le consensualisme de la réaction en dit long sur la gravité du dérapage : quand tout l'échiquier politique tombe d'accord pour condamner un journaliste, c'est que la ligne rouge a été franchie sans ambiguïté.
Ce que dit le droit
Sur le plan juridique, ce type de propos n'est pas anodin. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, complétée par la loi Pleven de 1972, réprime la provocation à la haine ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une religion. Tenir publiquement un raisonnement essentialisant sur les juifs et l'argent peut donc, selon la formulation exacte, relever de la qualification d'injure ou de provocation à la haine raciale, passible du tribunal correctionnel. Reste à savoir si des plaintes seront déposées, ce qui n'est pas confirmé à cette heure.
Le journaliste des certitudes rattrapé par les siennes
Voilà un homme qui a bâti son image sur la leçon de morale administrée chaque matin aux politiques, sommé désormais de rendre des comptes. L'ironie est savoureuse, et elle n'échappe à personne. Celui qui traquait les approximations des autres vient d'offrir aux réseaux sociaux un cas d'école de ce que l'antiracisme de salon prétend combattre. La police de la pensée version plateau télé s'aperçoit soudain que ses propres doyens peuvent déraper plus loin que ceux qu'ils fustigent.
Il faudra voir comment les médias qui emploient l'éditorialiste réagiront dans les jours qui viennent. Suspension, mise à pied, simple rappel à l'ordre ou indifférence polie : la réponse de ses employeurs dira beaucoup de la solidité des principes qu'ils affichent. Car entre condamner un tweet en 280 signes et tirer les conséquences professionnelles d'un tel propos, il y a un pas que les rédactions françaises franchissent rarement quand l'un des leurs est en cause. Les Français, eux, ont déjà jugé. Et cette fois, sans facture de 350 à 450 mots pour les convaincre.
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