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Politique

François Baroin : 50 jours ministre, 6 millions d'euros d'argent public en 18 ans

Par la rédaction Le Rempart

Selon des révélations de presse, François Baroin n'aura occupé un ministère que 50 jours, mais ses avantages d'ancien membre du gouvernement auraient coûté près de 6 millions d'euros aux contribuables en dix-huit ans. Un record qui relance le débat sur les privilèges des énarques en politique.

François Baroin : 50 jours ministre, 6 millions d'euros d'argent public en 18 ans

Voilà un CV qui donne le vertige. 50 jours ministre, et près de 6 millions d'euros prélevés sur les finances publiques en dix-huit ans. François Baroin, maire de Troyes, président de l'Association des maires de France et éternel espoir présidentiel de la droite, incarnerait à lui seul ce que le système français produit de plus insupportable : des privilèges à vie pour des passages éclairs dans les ors de la République.

Le compte est bon, trop bon

Les faits, d'abord. Selon les révélations de presse, l'ancien ministre du Budget et de l'Intérieur n'aurait exercé ses fonctions gouvernementales que pendant un mois et demi et des poussières. Cinquante jours. Moins de deux mois à Matignon et dans les ministères. Pourtant, les avantages attachés à ce bref passage, voiture avec chauffeur, collaborateurs, protection et autres douceurs prévues pour les anciens membres du gouvernement, auraient continué de tourner pendant dix-huit ans, jusqu'à la soixantaine du bénéficiaire, comme le permet le dispositif en vigueur.

Résultat : une facture estimée à 6 millions d'euros, payée par le contribuable. Soit, grosso modo, 120 000 euros par jour de fonction ministérielle réellement exercée. On connaît des sprints olympiques moins chers.

Une règle taillée pour la caste

Le cadre existe bel et bien, c'est le pire. En France, tout ancien ministre bénéficie d'avantages matériels pendant une durée qui dépend de son âge et de sa carrière, un dispositif plusieurs fois critiqué par la Cour des comptes et les associations de défense des contribuables, mais jamais réellement remis à plat. Pendant que l'exécutif serre la ceinture des collectivités et sermonne les Français sur l'effort budgétaire, ces régimes d'exception continuent de tourner en toute légalité. C'est cela qui révolte : rien d'illégal, tout d'indécent.

Baroin n'a enfreint aucune règle, et c'est précisément le problème. La règle elle-même est scandaleuse. Un élu qui n'a passé que quelques semaines au gouvernement ne devrait pas transformer ce passage en rente de situation financée par ceux qui bossent.

Le présidentiable des contribuables, vraiment ?

L'ironie veut que ce record tombe au moment où la droite cherche un champion de la rigueur pour 2027, pendant que François Hollande, lui, « fait chauffer les pneus » en « quasi-candidat » d'après les gazettes estivales. Beau concours de circonstances : à gauche, on recycle ; à droite, on facture.

François Baroin se rêve en rassembleur des territoires et en défenseur des maires. Soit. Mais quand on réclame des milliards pour les communes, la moindre des élégances serait de ne pas figurer au panthéon des privilégiés les plus coûteux de la Ve République. 6 millions pour 50 jours : voilà un slogan de campagne que ses concurrents ne manqueront pas de lui offrir.

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