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Attentat islamiste à Berlin : le suspect, Abdul B., 21 ans, était connu des services

Samedi soir, une attaque a frappé Berlin. Le suspect interpellé, Abdul B., 21 ans, était selon les premiers éléments déjà connu des services de sécurité allemands pour sa radicalisation islamiste.

Encore un. Samedi soir, Berlin a été la cible d'une attaque que les autorités allemandes ont rapidement qualifiée d'islamiste. Et comme un refrain que l'Europe connaît désormais par coeur, le suspect interpellé, Abdul B., 21 ans, n'était pas un inconnu. Il était, selon les premiers éléments de l'enquête, déjà fiché pour radicalisation. Connu, suivi, répertorié. Et malgré tout passé à l'acte.

Connu des services, libre d'agir

C'est là que le scandale commence. Car on ne compte plus les fois où un assaillant européen s'avère avoir été signalé aux renseignements avant de frapper. Fiche S en France, fichiers équivalents outre-Rhin : les bases de données débordent, les effectifs de surveillance ne suivent pas, et les politiques s'étonnent ensuite devant les caméras que le drame soit « imprévisible ». Imprévisible, vraiment ? Quand un islamiste de 21 ans gravite dans la mouvance radicale, qu'est-ce qui manque exactement : l'information, ou la volonté d'agir ?

L'Allemagne, comme la France, paie le prix d'une doctrine où la surveillance se contente de constater au lieu de prévenir. On conserve des dossiers, on ne neutralise pas les menaces. La différence est de taille, et elle se mesure en victimes.

Le silence gêné des autorités

Comme à chaque fois, la communication officielle a traîné les pieds avant de qualifier l'attaque. Prudence de façade, peur de « stigmatiser », réflexes bien-pensants : pendant que Berlin compte ses blessés, une partie de la classe politique allemande s'interroge d'abord sur le vocabulaire à employer. Les citoyens, eux, n'ont pas ce luxe. Ils voient simplement qu'un jeune radicalisé, identifié comme tel, a pu agir un samedi soir dans la capitale.

On nous dira que la justice suit son cours, que l'enquête déterminera les circonstances exactes. Fort bien. Mais elle devra aussi répondre d'une question qui revient sans cesse : que fait-on des individus fichés ? Les expulsions des étrangers radicalisés restent rarissimes, les placements en rétention sont des casse-têtes juridiques, et le droit protège souvent mieux le suspect que la population.

Une Europe qui refuse de voir

L'Allemagne n'est pas un cas isolé, elle est un symptôme. De Paris à Bruxelles, de Nice à Solingen, la même mécanique se répète : un profil connu, une attaque, des hommages, des bougies, puis l'oubli jusqu'au prochain samedi soir. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, mais toucher à l'immigration, à la rétention administrative ou au droit d'asile resterait, paraît-il, inacceptable.

Abdul B. répondra devant la justice allemande. C'est le moins qu'on puisse attendre. La vraie question est ailleurs : combien d'autres Abdul, convenablement fichés et soigneusement ignorés, attendent leur tour dans les annuaires des services européens ?

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