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Politique

Sur France Inter, l'humoriste Ameziane compare Jean-Philippe Tanguy à un rat : le RN réclame des excuses et menace de poursuites

Par la rédaction Le Rempart

Dans sa chronique matinale sur France Inter, l'humoriste Ameziane a affirmé que Jean-Philippe Tanguy avait « une tête de rat » et a ironisé sur son homosexualité. Le Rassemblement national exige des excuses publiques et envisage de saisir l'Arcom.

Sur France Inter, l'humoriste Ameziane compare Jean-Philippe Tanguy à un rat : le RN réclame des excuses et menace de poursuites

Une chronique qui vire à l'attaque personnelle

C'est dans l'émission « Zoom Zoom Zen » de France Inter que la séquence a été diffusée. L'humoriste Ameziane, dans son billet matinal, s'en est pris directement au physique du député RN Jean-Philippe Tanguy : « Vous trouvez pas qu'il a la tête d'un rat, Jean-Philippe Tanguy… ». Une sortie qui a déclenché des rires en studio, personne ne jugeant utile d'interrompre la chronique.

La séquence ne s'est pas arrêtée là. L'humoriste s'est également interrogé sur l'homosexualité assumée de l'élu, s'étonnant qu'un homme homosexuel puisse militer au Rassemblement national. Une référence d'autant plus déplacée que Jean-Philippe Tanguy n'a jamais caché son orientation sexuelle et l'a évoquée publiquement à plusieurs reprises. Il ne s'agit donc pas d'une révélation, mais bien de l'utilisation de sa vie personnelle pour le tourner en dérision.

« Séquence ignoble » : Tanguy et le RN montent au front

Le principal intéressé a réagi dans la soirée, dénonçant une « séquence ignoble ». Le député parle d'une forme « d'animalisation » et estime que ces propos n'ont rien à voir avec le traitement qu'un responsable politique est en droit d'attendre sur le service public. Il reproche aussi aux personnes présentes en studio d'avoir ri plutôt que de recadrer le chroniqueur, ce qui contribue selon lui à banaliser des attaques qui ne visent plus ses idées mais son apparence et sa vie privée.

Du côté du Rassemblement national, les soutiens n'ont pas tardé. Sébastien Chenu a réclamé des excuses publiques, tandis que d'autres élus et sympathisants appellent à saisir l'Arcom pour que le régulateur examine la séquence. Le parti brandit la menace de poursuites si France Inter ne présente pas d'excuses.

L'humour à géométrie variable du service public

Cette affaire relance le débat, récurrent, sur les limites de la satire politique à la radio publique. Comparer un élu à un rat et plaisanter sur son homosexualité : voilà qui, venant d'un humoriste de France Inter, passe apparemment pour de l'humour comme un autre. On imagine sans peine le tollé si la cible avait appartenu à un autre bord politique, et si les mêmes mots avaient été prononcés sur une radio de droite.

La chronique s'inscrit dans un contexte de tensions permanentes entre le RN et l'audiovisuel public, régulièrement accusé de manquer de neutralité. Difficile, cette fois, de parler de simple procès d'intention : les propos sont diffusés, enregistrés, et les rires du studio avec. Reste à voir si France Inter assumera sa chronique jusqu'au bout ou si des excuses finiront par tomber, sous la pression de l'Arcom et des menaces judiciaires.

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