Présidentielle 2027 : Lecornu dit ne pas être candidat, mais son entourage prépare le terrain
Par la rédaction Le Rempart
Le premier ministre Sébastien Lecornu assure qu'il n'est pas candidat à l'élection présidentielle de 2027. Dans son entourage et à l'Élysée, on évoque pourtant l'hypothèse d'un recours : « Il attend le bon moment pour surgir », confie un conseiller.

« Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. » Samedi 30 août, Sébastien Lecornu a tenu à clarifier sa position sur ses ambitions pour 2027, alors que la pression monte à Matignon avant le vote du prochain budget. Une déclaration ferme en apparence, mais formulée au présent, ce que le microcosme politique n'a pas manqué de relever.
Un scénario déjà vu
L'intéressé a en effet déjà joué avec les mots concernant son avenir politique. Il y a à peine un an, celui qui devait succéder à François Bayrou assurait ne pas faire campagne pour devenir premier ministre, pendant que se mettaient en place autour de lui les conditions de son arrivée rue de Varenne. Plus récemment encore, au « 20 heures » de France 2, juste après sa démission en octobre dernier, il affirmait ne pas « courir après le job » de premier ministre et considérait : « ma mission est terminée. » Il fut pourtant reconduit à Matignon.
Dans son article pour Le Figaro Magazine, le journaliste Carl Meeus rappelle la formule de Talleyrand : « ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai ». Une maxime que le premier ministre, décrit comme trop fin politique pour l'ignorer, semble appliquer à sa propre situation.
« Il attend le bon moment pour surgir »
Autour de lui, personne n'exclut qu'il puisse incarner un recours pour la majorité en 2027. « Il attend le bon moment pour surgir », confie un conseiller de l'Élysée, selon lequel l'hypothèse d'une candidature du premier ministre reste active dans les couloirs du pouvoir. Une condition est toutefois posée par ses partisans : qu'il parvienne à faire passer le prochain budget, présenté comme le dernier de l'ère Macron.
La fragilité de sa position à l'Assemblée
Le défi est de taille. Sébastien Lecornu le reconnaît lui-même, interrogé par Sud Ouest : « Cela peut dérailler dix fois », prévient-il, assurant que le gouvernement peut chuter à n'importe quel moment. Le premier ministre se dit prêt à des concessions pour faire adopter le budget, conscient de la fragilité de sa position dans une Assemblée nationale sans majorité absolue.
Faire voter ce budget serait donc à la fois une condition de survie immédiate de son gouvernement et, selon son entourage, le tremplin d'une éventuelle candidature. Le Figaro relève dans ses articles connexes que le premier ministre a parallèlement promis un « plan de sauvetage » pour l'agriculture puis un « plan de relance » après la sécheresse, autant de gestes en direction d'une opinion et d'une majorité à consolider.
Dans ce paysage, les autres ambitions se précisent : Gabriel Attal « assume » vouloir augmenter de 200 euros nets le salaire des enseignants via des économies dans la sphère sociale, tandis que Sarah Knafo, invitée sur LCI, ne ferme pas la porte à une entrée dans un gouvernement Bardella « sur un programme que je valide ». Chacun prépare 2027. Officiellement, sauf l'occupant de Matignon.
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