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Marine Tondelier incapable de dire un mot sur Pompidou face à Darius Rochebin : un exercice de culture politique qui tourne au moment de solitude

Par Roman Thill

Invitée du «Grand entretien» de LCI ce lundi 7 septembre, la candidate écologiste à la présidentielle 2027 s'est retrouvée démunie lorsque Darius Rochebin lui a demandé de qualifier les anciens présidents de la Ve République, à commencer par Georges Pompidou.

Marine Tondelier incapable de dire un mot sur Pompidou face à Darius Rochebin : un exercice de culture politique qui tourne au moment de solitude

La séquence a vite fait le tour des réseaux sociaux. Ce lundi 7 septembre, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2027, était l'invitée de Darius Rochebin dans « Le grand entretien » sur LCI. Après Marine Le Pen, Gabriel Attal ou encore Jordan Bardella, la dirigeante écologiste s'est soumise pendant près d'une heure aux questions du journaliste suisse. C'est le rituel de clôture de l'émission qui a tourné au moment de solitude.

Un exercice pourtant rodé

Le principe est connu des téléspectateurs de la chaîne : Darius Rochebin projette les portraits des présidents de la Ve République et demande à son invité de les qualifier en un mot. Avant Marine Tondelier, Marine Le Pen s'était déjà pliée à l'exercice, tout comme d'autres personnalités politiques reçues dans l'émission.

Dès l'affichage des portraits, la candidate a tenté d'esquiver : «Il y en a, je les ai pas trop connus», a-t-elle lancé. Le journaliste lui a rappelé que l'exercice avait été fait «avec Marine Le Pen, avec un certain nombre d'autres». Après quelques secondes de négociation, elle a accepté de commenter le premier portrait, celui du général de Gaulle : «Un infini respect, puisqu'on est libre grâce à lui et grâce à d'autres. Ça fait quand même longtemps que l'on n'en a pas eu des comme lui».

Le blanc sur Pompidou

C'est l'arrivée du portrait de Georges Pompidou qui a provoqué le passage le plus commenté. «Pompidou ? J'ai pas de souvenir. Je peux pas vous dire, je l'ai pas connu, j'ai pas de trucs marquants à dire sur Pompidou en tant que citoyenne, qu'électrice», a balbutié la candidate, visiblement gênée, laissant un long silence s'installer sur le plateau.

Le silence est revenu face au portrait de Valéry Giscard d'Estaing, avant qu'elle ne s'en sorte in extremis : «Giscard me fait penser à Macron, il a mené sa politique, il y a pas mal de parallèles entre les deux». Sur François Mitterrand, elle a déclaré : «Mitterrand, j'ai l'impression qu'il a été très marquant pour plusieurs générations de gauche», ce qui a valu à Darius Rochebin de plaisanter : «Vous allez donner un coup de vieux à beaucoup de ceux qui nous écoutent». Pour Jacques Chirac enfin, Marine Tondelier a préféré le registre personnel : «Je ne me rappelle pas tellement de sa politique, je me rappelle surtout de pouvoir manger des pommes sans pesticides».

La séquence, devenue virale sur X, a suscité de nombreuses réactions d'internautes dénonçant le niveau de culture politique de la classe dirigeante. Les commentaires sous l'article de TV Magazine sont du même acabit, parlant de «naufrage en direct».

L'argument générationnel a ses limites

On peut comprendre la logique de Marine Tondelier : née en 1986, elle n'a effectivement pas connu Pompidou, mort en 1974, ni Giscard président. L'argument du vécu, qu'elle oppose spontanément à Darius Rochebin, défend une certaine honnêteté : plutôt que de débiter des formules apprises, elle assume de ne parler que de ce qu'elle a éprouvé.

Mais cette posture se heurte à un problème de fond. Une candidate à la présidentielle ne s'exprime pas «en tant que citoyenne, qu'électrice», pour reprendre ses propres mots : elle postule à la fonction qu'ont occupée les hommes dont les portraits s'affichaient à l'écran. La présidence de la République repose sur une continuité institutionnelle et une mémoire que le suffrage universel, précisément, charge le candidat d'incarner. Ne rien avoir à dire de Georges Pompidou, artisan de la modernisation industrielle de la France et figure majeure du gaullisme, ce n'est pas manquer de souvenirs personnels : c'est révéler une distance avec l'histoire politique du pays que l'on prétend diriger.

L'épisode pose aussi une question de méthode. L'exercice de Rochebin était connu, balisé, déjà subi sans dommage par ses concurrents directs. Qu'une candidate déclarée, à huit mois d'une échéance présidentielle, s'y présente sans avoir anticipé la question en dit long sur la préparation de sa candidature. À l'heure où les Écologistes peinent à imposer leur championne dans le débat national, ce genre de séquence offre à ses adversaires un angle d'attaque commode : celui de la stature. Or la stature, dans une élection présidentielle française, ne se décrète pas ; elle se mesure aussi à l'aune de ces petites épreuves télévisées, futiles en apparence, révélatrices en réalité.

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