À peine arrivés en Espagne, les premiers migrants pillent un restaurant et s'enfuient avec des vivres de toutes sortes
À Ceuta, alors que plus de 60 000 migrants sont entrés dans l'enclave depuis le Maroc selon son président, un restaurant a été pillé par des personnes fraîchement arrivées, reparties chargées de vivres.
La bienvenue espagnole a décidément un goût amer. À peine posés sur le sol de Ceuta, des migrants fraîchement arrivés se sont offerts leurs premières provisions locales de la manière la plus directe qui soit : en pillant un restaurant, avant de décamper avec des vivres de toutes sortes sous le bras. Nourriture, boissons, tout ce qui pouvait se transporter a filé. Le restaurateur, lui, découvrira sans doute bientôt les vertus de la solidarité européenne, concept auquel il n'avait pourtant jamais souscrit.
Ceuta sous pression
L'incident pourrait sembler anecdotique. Il ne l'est pas. Selon le président de l'enclave espagnole, plus de 60 000 migrants sont entrés à Ceuta depuis le Maroc. Soixante mille. Un chiffre qui transforme le vol de cartons de victuailles en symptôme d'une submersion assumée. Les forces de l'ordre locales, débordées, courent après des groupes qui connaissent déjà les rues mieux que certains fonctionnaires de l'administration d'accueil. Pendant ce temps, Madrid regarde ailleurs et Bruxelles rédige des communiqués.
La facture des illusions
On nous avait promis un accueil ordonné, contrôlé, humanitaire. On a des commerces dévalisés et des habitants qui comptent leurs serrures. Le restaurateur pillé n'a pas été consulté sur la politique migratoire de son pays, mais c'est lui qui en paie l'ardoise, au sens propre. Et chacun sait comment finiront ces histoires : plainte déposée, auteurs difficilement identifiables, et zéro réparation concrète pour le commerçant. L'assurance haussera les épaules, la mairie invoquera l'urgence humanitaire, circulez.
La menace italienne de fermer Schengen, évoquée cette semaine, montre que même les voisins de l'Espagne commencent à perdre patience face à ce trou béant dans la frontière sud de l'Europe. Rome brandit le portefeuille, Madrid encaisse les arrivées.
On objectera la misère, la faim, le drame humain. Personne ne le nie. Mais un État qui laisse piller ses commerces au nom de la compassion n'est pas généreux : il est absent. Ceuta mérite mieux qu'un tri entre les victimes à sauver et les commerçants à sacrifier.
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