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Immigration

Ceuta : les barbelés, nouvelle porte d'entrée de l'Europe

Par la rédaction Le Rempart

À Ceuta, après le durcissement des contrôles maritimes, des migrants tentent désormais de franchir la frontière en escaladant les clôtures de barbelés qui séparent l'enclave espagnole du Maroc. Plus de 48 000 personnes ont déjà été refoulées vers le Maroc.

Ceuta : les barbelés, nouvelle porte d'entrée de l'Europe

Des barbelés contre des hommes

On avait presque fini par l'oublier, cette vieille méthode : grimper, coûte que coûte, par-dessus les kilomètres de barbelés qui encerclent Ceuta. La voilà de retour. Depuis que les contrôles maritimes ont été renforcés autour de l'enclave espagnole, les migrants ont logiquement délaissé les embarcations de fortune pour tenter leur chance à la force des bras, sur les grillages hérissés de lames qui séparent le Maroc de l'Europe. L'adaptation est rapide, et elle en dit long sur la détermination de ceux qui arrivent, certains jours, à 200 personnes par minute.

Le silence complice de Rabat

La question qui fâche reste la même : où était le Maroc pendant que cette vague se formait ? Le royaume, gardien autoproclamé des frontières sud de l'Europe, a mystérieusement baissé la garde, avant de reprendre du service une fois le mal fait. Résultat : plus de 48 000 migrants déjà refoulés vers le Maroc, selon les derniers décomptes. Un va-et-vient humain qui ferait rougir n'importe quel ministre de l'Intérieur, si tant est que la honte soit encore une valeur cotée à Bruxelles.

L'Espagne, elle, jongle. Entre ses images d'accueil et ses refoulements expéditifs, Madrid tient un double discours que même Rome ne digère plus. La brouille entre l'Italie et l'Espagne à propos de l'espace Schengen illustre l'état d'une Europe qui se déchire sur la question pendant que ses frontières cèdent.

Bruxelles se réunit, la clôture tient

Cerise sur le concert de bonnes intentions : les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne doivent se réunir mardi. On imagine déjà le communiqué, la solidarité affichée, les moyens annoncés. Pendant ce temps, ce sont des jeunes Marocains broyés par le chômage qui escaladent du fer barbelé, au risque de s'y laisser la peau. Derrière l'épisode de Ceuta, il y a une détresse économique réelle, mais aussi une absurdité européenne : une frontière que tout le monde sait poreuse, qu'on colmate d'un côté pour qu'elle saute de l'autre. Les barbelés n'arrêtent personne durablement. Ils donnent juste bonne conscience à ceux qui refusent de voir que sans politique migratoire assumée, la clôture restera ce qu'elle est : un décor.

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