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Présidentielle 2027 : Gabriel Attal tombe à 4 % des intentions de vote, son plus bas niveau de la campagne

Par Roman Thill

Selon le baromètre OpinionWay pour CNews publié jeudi 22 octobre, le candidat Renaissance ne recueille plus que 4 % des intentions de vote, contre 12 % pour Édouard Philippe. Un écart qui relance l'hypothèse d'un rassemblement au sein du bloc central.

Présidentielle 2027 : Gabriel Attal tombe à 4 % des intentions de vote, son plus bas niveau de la campagne

La chute se poursuit, et elle n'en finit pas. Selon le baromètre OpinionWay pour CNews publié jeudi 22 octobre et relayé par Europe 1, Gabriel Attal ne recueille plus que 4 % des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle, son plus mauvais score depuis le début de la campagne. L'ancien Premier ministre perd encore deux points en une semaine, après en avoir déjà cédé trois en un mois. Il était crédité de 5 % dans la vague publiée le 15 octobre.

À ce niveau, le président de Renaissance se retrouve à égalité avec Éric Zemmour, et surtout devancé par David Lisnard. Le maire de Cannes, crédité de 6 % des intentions de vote après un gain de deux points, poursuit son ascension et rejoint Bruno Retailleau, également à 6 %. Autrement dit, le candidat de l'héritage macroniste se fait désormais distancer par les deux représentants de la droite républicaine, terrain qu'il prétendait pourtant occuper.

Une érosion continue depuis septembre

L'enquête, réalisée les 21 et 22 octobre auprès d'un échantillon représentatif, confirme une tendance que les vagues précédentes avaient déjà dessinée. En septembre, Gabriel Attal comptait encore huit points d'intentions de vote. La publication du 15 octobre marquait une première alerte, à 5 %. Celle du 22 octobre enfonce le constat : en six semaines, le candidat a perdu la moitié de son socle électoral.

Le contexte n'a rien arrangé. Les violences qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre ont polarisé le débat public et marginalisé les candidats du bloc central, associés dans l'esprit des électeurs à un quinquennat qui s'achève dans la tourmente. Selon Les Échos, Gabriel Attal comme Édouard Philippe s'efforcent depuis de prendre leurs distances avec Emmanuel Macron, dont l'impopularité pèse sur l'ensemble de leur famille politique. « Les Français ne veulent plus voir tous ceux qui ont touché, de près ou de loin, au président sortant », confiait cette semaine un ancien ministre au quotidien économique. Gabriel Attal, dont les liens avec le chef de l'État sont désormais rompus selon Le Monde, n'a pas réussi à transformer cette rupture en dynamique.

Édouard Philippe creuse l'écart

Dans le même sondage, Édouard Philippe se maintient à 12 % et conserve la quatrième place, derrière Marine Le Pen (36 %, en hausse d'un point), Jean-Luc Mélenchon (16 %) et Raphaël Glucksmann (13 %). Huit points séparent désormais les deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron. Il y a un an encore, Gabriel Attal était présenté comme le challenger naturel du maire du Havre. Ce rapport de forces appartient au passé.

D'autres enquêtes confirment ce déséquilibre. Le baromètre Odoxa publié mi-octobre par Public Sénat plaçait Édouard Philippe à 17 % dans son hypothèse de premier tour, contre 11 % seulement pour Gabriel Attal dans la configuration qui lui était propre. Sur le terrain de l'image, le même constat : l'ancien locataire de Matignon conserve une nette avance en matière de popularité et de capacité perçue à gouverner.

La question du rassemblement relancée

Cet écart de huit points change la donne au sein du bloc central. Édouard Philippe avait tendu la main début septembre à ses concurrents, plaidant pour un « rassemblement de la droite et du centre » et avertissant : « Si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas la présidentielle. » Gabriel Attal comme Bruno Retailleau avaient alors décliné la proposition, qui relançait l'idée d'une primaire. Le président de Renaissance renvoyait déjà l'échéance à plus tard, arguant qu'il était trop tôt pour trancher.

À moins de six mois du premier tour, prévu le 18 avril 2027, cet argument s'use. Chaque publication rapproche un peu plus le moment où la candidature Attal devra justifier son maintien face à un rival qui compte trois fois plus d'intentions de vote. Dans l'entourage du maire du Havre, on estime que la convergence n'est plus qu'une question de temps. Chez Renaissance, on refuse encore de l'évoquer publiquement. Mais avec 4 % des suffrages exprimés et une courbe qui ne cesse de plonger, la marge de manœuvre de Gabriel Attal se réduit de semaine en semaine. Le prochain baromètre dira si le plancher est atteint, ou si la descente se poursuit.

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