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Sondage présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann recolle à Mélenchon et Philippe, loin derrière Marine Le Pen

Par Rudy Levasseur

Quatre jours après sa victoire à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann est crédité de 15 % des intentions de vote dans un sondage OpinionWay publié le 15 octobre 2026, au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe.

Sondage présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann recolle à Mélenchon et Philippe, loin derrière Marine Le Pen

L'effet primaire n'aura pas tardé. Quatre jours après sa victoire au scrutin social-démocrate du dimanche 11 octobre, Raphaël Glucksmann est crédité de 15 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon un sondage OpinionWay réalisé pour Les Échos et Radio Classique et publié ce jeudi 15 octobre. Le fondateur de Place publique se retrouve ainsi, pour la première fois, au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe, tous deux testés au même niveau.

Un rebond mécanique, amplifié par le moment médiatique

Par rapport à la précédente vague du baromètre, datée du 10 septembre, le candidat prend entre 4 et 5 points selon les hypothèses retenues. Dans le scénario où Gabriel Attal, crédité de 11 %, serait le candidat du bloc central à la place d'Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann atteindrait même 16 % et se qualifierait pour le second tour.

De quoi faire tourner les têtes à gauche, et sourire ailleurs. Car ce sursaut sondagier ressemble d'abord à ce que la vie politique connaît depuis longtemps : la prime mécanique du vainqueur de primaire, magnifiée par une couverture médiatique dont le député européen a toujours su bénéficier. L'enquête a été menée les 13 et 14 octobre, soit dans l'écume immédiate du scrutin social-démocrate, auprès d'un échantillon de 1 043 personnes, avec une marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points. Autant dire qu'à 15 %, les trois hommes se tiennent dans un mouchoir de poche statistique.

Le contraste avec l'image du personnage mérite d'être souligné. Raphaël Glucksmann reste un candidat clivant, dont l'enracinement populaire n'a jamais fait la démonstration attendue par ses soutiens. Le voir propulsé au seuil du second tour, dans ces conditions, dit moins une adhésion nouvelle des électeurs que le désordre de ses concurrents directs.

Un trio à 15 % qui profite d'abord à Marine Le Pen

C'est là l'enseignement le plus solide de ce baromètre. Pendant que la gauche et le centre se disputent les miettes, Marine Le Pen caracole en tête, créditée d'au moins 35 % des voix au premier tour, quelle que soit l'hypothèse testée. L'écart est tel que le prétendu coude-à-coude pour la deuxième place relève presque de la consolation.

Du côté du bloc central, l'érosion est nette. Depuis le premier baromètre OpinionWay de juillet, Édouard Philippe a perdu 7 points lorsqu'il est testé seul candidat de son camp, et Gabriel Attal 5 points. Jean-Luc Mélenchon, déjà à 15 % en septembre, reste stable dans la plupart des scénarios, avec un point perdu si Philippe et Attal se présentent tous les deux. Le chef insoumis ne progresse donc pas : il constate simplement qu'un concurrent de plus vient se partager l'électorat de gauche. Deux candidats à 15 % sur ce bord de l'échiquier, voilà précisément la configuration qui a, par le passé, ouvert le boulevard à l'extrême droite.

Plus loin derrière, Bruno Retailleau, candidat des Républicains, est crédité de 7 % à 9 % des voix. Un socle faible pour le parti, qui paie visiblement la difficulté à exister dans une campagne polarisée entre le Rassemblement national et un centre gauche momentanément revigoré.

Prudence de méthode, lucidité d'analyse

Comme toute enquête de ce type, le sondage OpinionWay n'est qu'une photographie de l'instant, sans valeur prédictive, à six mois et plus du scrutin. Les instituteurs le répètent à chaque vague, et l'histoire électorale leur donne raison.

Reste que la dynamique du moment n'est pas anodine. La gauche plurielle, incapable de se rassembler derrière un candidat unique, aligne désormais deux prétendants à niveau égal, chacun convaincu d'incarner la voie du second tour. Pendant ce temps, Marine Le Pen consolide une avance qu'aucun des scénarios testés ne parvient à entamer. La vraie question posée par ce baromètre n'est donc pas de savoir si Raphaël Glucksmann peut rejoindre Jean-Luc Mélenchon. Elle est de savoir combien de temps la gauche mettra à comprendre que cette multiplication des candidatures à 15 % est le plus sûr chemin vers une victoire du Rassemblement national, et qu'un centre émietté entre Philippe et Attal ne fait qu'aggraver le tableau.

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