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Immigration

35 millions d'euros pour la Côte d'Ivoire : la France signe, le contribuable paie

Par la rédaction Le Rempart

Le 6 août 2026 à Abidjan, la France et la Côte d'Ivoire ont signé deux conventions de financement de 23 milliards de FCFA, soit 35 millions d'euros, pour des complexes sportifs et le métro d'Abidjan.

35 millions d'euros pour la Côte d'Ivoire : la France signe, le contribuable paie

C'est fait. Le 6 août 2026, à Abidjan, l'ambassadeur de France Jean-Christophe Belliard et le ministre ivoirien de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, ont paraphé deux conventions de financement d'un montant global de 23 milliards de FCFA, soit 35 millions d'euros. De l'argent français, donc le vôtre, pour des projets situés à plusieurs milliers de kilomètres de nos impôts.

Ce que financent exactement les deux conventions

Le détail est limpide. La première convention vise à renforcer le programme Agora, avec la construction d'infrastructures sportives de proximité dans quatre villes : Guiglo, Dabou, Boundiali et Dimbokro. Des complexes sportifs, donc, financés par Paris au bénéfice de communes ivoiriennes.

La seconde convention concerne le métro d'Abidjan, chantier emblématique de la capitale économique ivoirienne. Plus précisément, elle finance le dévoiement d'un collecteur d'eaux usées situé sur le tracé de la ligne. Opération technique présentée comme indispensable : les caractéristiques du canal d'évacuation sont incompatibles avec la poursuite des travaux. Sans ce déplacement, le chantier coince.

Officiellement, tout cela s'inscrit dans la poursuite du partenariat stratégique entre les deux États, dans les domaines des infrastructures, de la mobilité urbaine et du développement social. La formule est rodée, elle couvre à peu près tout, y compris les caniveaux d'Abidjan.

Pendant ce temps, à Paris, les caisses sont vides

Voilà où l'affaire devient savoureuse. La même semaine, on apprenait que l'État français était à nouveau victime d'une fuite de données au fisc, piratage révélé par Le Monde le 13 août. Que Mediapart documentait comment l'État a enterré ses promesses sur les canadairs basés dans le Sud-Ouest, alors que les feux de forêt n'attendent pas les arbitrages budgétaires. Et que l'Inspection générale des finances pointait, selon Sud Ouest, le poids croissant des primes des agents de l'État, sujet sur lequel Bercy serre les boulons.

Mais pour déplacer un égout à Abidjan ou bâtir un gymnase à Boundiali, il y a apparemment toujours 35 millions d'euros qui traînent dans un tiroir. Cherchez la logique.

La générosité des autres

Personne ne conteste qu'un État puisse avoir une politique de coopération. Encore faudrait-il qu'elle soit assumée, chiffrée et débattue devant les représentants de ceux qui la financent. Or ces conventions se signent entre un ambassadeur et un ministre étranger, loin de l'Assemblée nationale, et le contribuable français l'apprend par la presse économique africaine.

La France qui n'a plus de moyens pour ses pompiers, ses hôpitaux ou sa cybersécurité fiscale trouve soudain des milliards de francs CFA pour le sport de proximité ivoirien. Priorités, disait-on autrefois. Le mot a visiblement changé de camp.

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