BFMTV et Caroline Thominet : quand l'accroche sur les incendies en France fait rire tout le monde
Par la rédaction Le Rempart
Le 5 août 2026, sur BFMTV, l'analyste Caroline Thominet a évoqué une possible main russe derrière les incendies qui frappent la France. Une hypothèse avancée sans preuve, rapidement critiquée sur X, avant que la séquence ne disparaisse du dossier de la chaîne.
« La Russie pourrait être derrière certains incendies en France » : une hypothèse évoquée en direct sur BFMTV
Le 5 août 2026, en plein direct sur BFMTV, Caroline Thominet, présentée comme journaliste et analyste géopolitique, a laissé entendre que la Russie de Vladimir Poutine pourrait se trouver derrière certains des incendies qui ravagent alors le territoire français. Aucun élément factuel, aucune source officielle, aucune enquête citée : juste une suspicion lancée sur un plateau de chaîne d'information en continu, au milieu d'une crise incendiaire bien réelle.
La séquence, repérée par le compte X Bleu Blanc Rouge et visionnée plus de 43 000 fois, a immédiatement fait réagir. « En toute tranquillité sur BFM TV et sans aucune preuve, une intervenante accuse Poutine et la Russie d'être à l'origine des incendies en France », résume le post. Et pour cause : ni le ministère de l'Intérieur, ni la DGSI, ni aucun parquet n'a, à cette heure, établi la moindre piste étrangère dans ces feux. Depuis, l'accroche incriminée aurait purement et simplement disparu du dossier en ligne de la chaîne. Effacer plutôt qu'assumer : la méthode est connue.
Une semaine de feux, un pays sous tension
Pendant que la télévision spéculait, la France brûlait pour de vrai. Le 9 août, en Lozère, un feu parcourait plus de 100 hectares et forçait l'évacuation d'une vingtaine d'habitations, selon franceinfo. Le même jour, la Drôme restait sous surveillance et 15 hectares partaient en fumée dans le sud de la Gironde. Dans le Var, le feu du Gros Bessillon n'a été fixé qu'après 18 jours de mobilisation des secours. La Sarthe elle-même a été placée en « risque élevé », sa préfecture annonçant de nouvelles mesures de prévention le 8 août.
Ajoutons l'hécatombe invisible de la faune sauvage, documentée par Libération, et le débat, traité par TF1 Info, sur le refus supposé de la France d'acheter des « Canadair français ». Voilà des sujets sérieux. Il y avait de quoi occuper un plateau pendant des heures.
Le réflexe russe, une commodité de plateau
Caroline Thominet n'est pas une inconnue de ces dossiers. C'est elle qui assurait dès juillet 2026 que « Vladimir Poutine ne se résignera pas », et qui, en 2024, affirmait que « les Russes sont face à un échec, l'armée russe est très lourde niveau organisation ». Consultante engagée pour l'Ukraine, elle expliquait au Figaro : « Je ne voulais pas manquer à mon devoir de résistance ». Engagement respectable. Mais un engagement n'est pas une preuve, et un plateau télé n'est pas une cellule du renseignement.
Car pendant ce temps, les vraies questions restent sans réponse : sous-moyens aériens, entretien des forêts, retards de débroussaillement. Des responsabilités bien françaises, bien moins télégéniques qu'un complot ourdi depuis Moscou. Accuser Poutine des flammes de Lozère, c'est pratique : cela dispense de regarder du côté de nos propres élites. Et quand l'accroche gêne, on la fait disparaître. Le journalisme, version 2026.
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