Ceuta : des campements de fortune sur la plage, et des rumeurs d'ouverture de frontière démenties par les autorités
Par la rédaction Le Rempart
Des migrants marocains ont installé des cabanes de fortune sur une plage de Ceuta, dans l'espoir de rester assez longtemps pour échapper à l'expulsion. Rabat a interpellé près de 300 personnes à la frontière, pendant que les autorités démentaient une rumeur d'ouverture de la barrière.

La plage n'a rien d'un décor de vacances. À Ceuta, l'enclave espagnole posée sur la côte marocaine, de nombreux migrants marocains ont construit des cabanes de fortune, à même le sable. Objectif assumé : survivre environ trois mois sur place, délai au-delà duquel l'expulsion devient, en pratique, bien plus compliquée à exécuter pour l'Espagne. Autrement dit, tenir le sable pour forcer la régularisation.
Un week-end sous tension à la frontière
La situation s'est tendue ce samedi 15 août. Des appels relayés sur les réseaux sociaux affirmaient que la frontière entre le Maroc et l'Espagne serait ouverte dans la journée, une rumeur que les autorités ont formellement démentie. Dans le même temps, les forces marocaines ont interpellé près de 300 migrants à proximité de la barrière frontalière, selon Le Figaro, franceinfo et la presse belge. Des dizaines d'autres ont été arrêtées alors qu'elles tentaient de se rapprocher de l'enclave.
De l'autre côté de la clôture, autre casse-tête pour Madrid : les mineurs marocains présents à Ceuta refusent le retour réclamé par Rabat, a rapporté RFI dimanche. Le Maroc exige leur rapatriement, l'Espagne hésite, et les adolescents, eux, campent sur leur refus. Pendant ce temps, le nord-ouest espagnol faisait face à des inondations meurtrières, avec deux morts et deux bébés blessés, rappelant que l'État espagnol a déjà fort à faire ailleurs.
La stratégie du délai, un classique qui rapporte
Le calcul des campeurs de la plage est glaçant de rationalité. Plus un séjour irrégulier dure, plus les procédures d'éloignement s'empêtrent : recours, délais administratifs, oppositions juridiques. Trois mois passés sur le territoire, et la machine expulsive espagnole devient un objet de plus en plus théorique. Les migrants ne le cachent même plus, ils l'affichent.
Face à cela, la réponse officielle tient en deux mots : démenti et interpellations. Madrid compte sur Rabat pour faire le sale boulot de son côté de la clôture, ce que le Maroc fait avec zèle, non sans arrière-pensées diplomatiques. L'enclave, elle, absorbe. Les services de l'enclave espagnole tournent déjà au ralenti sous la pression des arrivées de mineurs.
Une frontière, deux policiers, zéro volonté
Voilà le spectacle offert au contribuable européen : une frontière extérieure de l'Union dont la solidité dépend des gendarmes marocains, et une règle de droit transformée en mode d'emploi pour la contourner. Ceuta résume à elle seule l'impasse migratoire du continent, entre laxisme juridique et impuissance assumée.
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