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Immigration

Des centaines de migrants marocains quittent Ceuta par bateau pour gagner le continent espagnol, dans l'indifférence générale

Par la rédaction Le Rempart

Des centaines de migrants marocains ont quitté l'enclave de Ceuta par bateau pour débarquer sur le continent espagnol, selon des informations relayées discrètement par la presse. Un épisode migratoire passé largement inaperçu dans les grands médias.

Des centaines de migrants marocains quittent Ceuta par bateau pour gagner le continent espagnol, dans l'indifférence générale

C'est le genre d'information que l'on déniche en fin de journal, entre deux reportages météo. Des centaines de migrants marocains ont quitté Ceuta, l'enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, pour rejoindre par bateau le continent espagnol. L'Andalousie et les côtes du détroit de Gibraltar figurent parmi les points d'arrivée évoqués. À cette heure, les autorités espagnoles n'ont pas communiqué de décompte officiel consolidé, mais les témoignages concordent sur un afflux massif et coordonné.

Un pont maritime entre Ceuta et la péninsule

Le schéma est rodé. Ceuta, tout comme Melilla, constitue depuis des années un sas d'attente pour des milliers de Marocains désireux de gagner l'Europe. Une fois entrés dans l'enclave, parfois lors d'assauts de clôtures ou lors de vagues facilitées par des relâchements côté marocain, les migrants cherchent à franchir le détroit de Gibraltar, large d'à peine une quinzaine de kilomètres en son point le plus étroit. Selon la presse espagnole, les embarcations utilisées ces derniers jours auraient permis à plusieurs centaines de personnes d'atteindre le littoral de la péninsule ibérique.

Les autorités locales, déjà sous tension, peinent à absorber ces arrivées. Les centres d'accueil de la région fonctionnent à flux tendu, et les services de l'immigration espagnols n'ont fourni aucun chiffre précis sur les reconduites éventuelles. Silence radio, donc, côté Madrid.

Le silence, une habitude bien installée

Ce qui frappe, au-delà des faits, c'est la discrétion qui les entoure. Un débarquement de centaines de personnes sur des plages européennes aurait dû faire la une. Il n'en est rien. Les grands médias nationaux, en Espagne comme en France, ont traité l'épisode à la marge, quand ils l'ont traité. On se souvient pourtant du tapage médiatique que suscitait il y a quelques années la moindre arrivée en Méditerranée centrale.

La pression marocaine, l'arme diplomatique qui marche

Rabat n'a jamais caché qu'il jouait de la vanne migratoire comme d'un levier diplomatique vis-à-vis de Madrid. La crise de mai 2021, lorsque plus de 8 000 migrants avaient franchi la frontière de Ceuta en quelques jours, avait déjà démontré l'efficacité du chantage. À chaque friction diplomatique, les contrôles marocains se relâchent. À chaque concession espagnole, ils se resserrent. Un mécanisme que tout le monde connaît et que personne n'ose nommer.

Pendant ce temps, les contribuables espagnols financent l'accueil, les municipalités côtières gèrent l'urgence, et Bruxelles observe, fidèle à sa tradition, avec la vigueur d'un comité de réflexion. La frontière extérieure de l'Europe se franchit désormais en barque, entre deux continents, dans le plus parfait silence.

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