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Immigration

En Corrèze, Joëlle et Pierre ouvrent leur porte à un "mineur" de 17 ans... que les tests osseux estiment à 35

Par la rédaction Le Rempart

En Corrèze, un couple de retraités a accueilli chez lui un jeune migrant se disant âgé de 17 ans. Les examens osseux réalisés dans le cadre de la procédure donnent un tout autre verdict : environ 35 ans.

En Corrèze, Joëlle et Pierre ouvrent leur porte à un "mineur" de 17 ans... que les tests osseux estiment à 35

« C'est insupportable de laisser ces enfants dehors ». C'est avec cette phrase, et cette conviction, que Joëlle et Pierre, un couple de Corrèze, ont décidé d'accueillir sous leur toit un jeune migrant se présentant comme un mineur isolé de 17 ans. Geste généreux, foi en l'humain, porte ouverte. Sauf que la réalité administrative est venue frapper à la même porte : les examens osseux pratiqués pour déterminer l'âge du jeune homme concluent à un individu d'environ 35 ans. Presque le double de l'âge déclaré.

Le déroulé des faits

Comme des milliers de demandeurs chaque année, le jeune homme s'était présenté aux services départementaux en tant que mineur non accompagné, statut qui ouvre droit à une prise en charge renforcée par l'aide sociale à l'enfance. En cas de doute sur l'âge déclaré, la loi prévoit une évaluation, qui peut inclure des radiographies du poignet et des dents, examens régulièrement critiqués par les associations mais toujours utilisés par les conseils départementaux et les tribunaux. Dans le cas présent, ces tests ont livré une estimation sans ambiguïté : la trentaine bien entamée, autour de 35 ans, loin des 17 ans affichés.

Joëlle et Pierre, eux, n'avaient rien vu venir. Leur motivation était simple, et honnête : ne pas laisser dehors quelqu'un qu'ils croyaient être un enfant. Le couple fait désormais partie de ces Français de bonne foi qui découvrent, après coup, que leur générosité a été mise au service d'un mensonge sur l'âge, pratique documentée depuis des années dans le parcours des demandeurs d'asile.

Une supercherie qui a un coût

Car derrière l'anecdote corrézienne, il y a un système. Se déclarer mineur, c'est échapper à certaines procédures d'éloignement, accéder à un hébergement dédié, à une scolarisation, à une protection renforcée. C'est aussi faire peser sur les départements, donc sur le contribuable local, des frais que rien ne justifie lorsque l'âge est falsifié. Les conseils départementaux alertent depuis longtemps sur le coût explosif de la prise en charge des mineurs non accompagnés, et sur la part non négligeable de dossiers où l'âge déclaré ne résiste pas aux tests.

Pendant ce temps, dans la France rurale, ce sont souvent les mêmes qui tendent la main et les mêmes qui paient la facture. Les agriculteurs qui pestent, ces jours-ci, contre le passage au tout-numérique imposé en pleine période de foins (« c'est intenable », disent-ils) appartiennent au même pays : celui où l'on demande toujours plus aux habitants, pendant que l'État se montre incapable de filtrer sérieusement qui entre sur le territoire et sous quel statut.

Générosité privée, incurie publique

On ne reprochera rien à Joëlle et Pierre. Leur réflexe est celui d'une France qui ne laisse pas les gens dehors, et c'est tout à son honneur. Ce qui est en revanche insupportable, pour reprendre leurs mots, c'est qu'il faille compter sur la charité de retraités corréziens pour pallier les carences d'un système d'accueil débordé, et que ce même système laisse un homme de 35 ans se faire passer pour un adolescent sans que l'alerte soit donnée avant que des particuliers ne s'engagent.

Les tests osseux existent. Les procédures existent. Encore faudrait-il qu'elles soient appliquées avant, systématiquement, et non après que la confiance des Français a été mise à contribution. À force, la leçon que beaucoup retiendront est la pire : la prochaine fois, on réfléchira à deux fois avant d'ouvrir sa porte. Et c'est toute la solidarité nationale qui en sortira abîmée.

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