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Politique

Après des semaines d'écriture, bruno le maire présente son tutoriel complet de 50 pages, clé en main, pour "sauver la france

Par la rédaction Le Rempart

Deux ans après son départ de Bercy, Bruno Le Maire publie un manifeste d'une soixantaine de pages « pour une autre France », à mi-chemin entre programme électoral et mode d'emploi de campagne présidentielle. Retraite à 65 ans, hausse de la TVA, Europe à six : le menu est copieux.

Après des semaines d'écriture, bruno le maire présente son tutoriel complet de 50 pages, clé en main, pour "sauver la france

Bruno Le Maire n'a jamais vraiment quitté la salle, il était juste allé écrire. Deux ans après avoir quitté Bercy, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances publie ce dimanche un manifeste d'une soixantaine de pages intitulé « pour une autre France ». Un texte rédigé, précise-t-il, de la main « d'un homme libre » qui souhaite « lancer le débat sur la France que nous voulons ». Traduction non officielle : la campagne de 2027 est ouverte, et Bruno a un plan, des chiffres et des sous-titres.

Le document distingue trois priorités : « l'autorité », « la prospérité » et « la souveraineté ». Soit, dans l'ordre, l'alphabet classique du candidat de droite qui se veut sérieux.

Moins d'État, plus de travail

Sur l'autorité, la doctrine est limpide : « l'État doit restreindre le champ de son action à la sécurité du territoire, à la protection des personnes, à l'Éducation et à la Santé. Tout le reste doit être délégué ». Sur la prospérité, l'ancien ministre assène qu'il faut « rompre avec cette idée fausse que nous pourrions travailler moins et gagner plus ». Un message de travail et d'effort qui ne surprendra personne venant de l'homme qui a passé sept ans à Bercy.

Le passage le plus savoureux concerne la dette. Selon lui, « nous payons aujourd'hui les choix faits sur les retraites en 1981. Les 1 000 milliards d'euros de dette, qui sont désormais 1 300, et qui seront demain beaucoup plus encore, sont le produit de cet aveuglement ». De l'aveuglement de 1981, donc. Le lecteur charitable se souviendra que ces mêmes 1 000 milliards ont été accumulés pendant le propre septennat de Bruno Le Maire au ministère des Finances. Mais ce détail, visiblement, n'a pas trouvé sa place dans la soixantaine de pages.

Retraite à 65 ans, TVA en hausse et Smic en contrepartie

Côté propositions concrètes, le manifeste ne fait pas dans la dentelle. Dans Le Parisien Dimanche, Le Maire juge « qu'une crise globale des dettes souveraines est possible » avec la remontée des taux d'intérêt : « Nous avons quelques mois, au plus, pour prendre les décisions nécessaires ». Parmi elles : la désindexation des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l'impôt sur le revenu.

Sur le long terme, il réclame trois décisions : une règle constitutionnelle sur la bonne tenue des comptes publics, une réforme des retraites avec un âge légal de départ à 65 ans assorti d'une part de capitalisation, et de la souplesse dans le recrutement des fonctionnaires.

Il propose aussi de « basculer le financement de notre modèle du travail sur la consommation par une augmentation de 2 à 3 points du taux de TVA ». En contrepartie, promis-juré, « les charges salariales baisseront et le salaire net augmentera ». L'ancien ministre se dit même favorable à « une augmentation immédiate du Smic ». La TVA sociale, ce vieux serpent de mer de la droite que chaque candidat ressort avant d'être élu puis d'oublier, est donc de retour dans les cartons.

L'Europe à six, la France en fédération

Sur la souveraineté enfin, Bruno Le Maire plaide pour une fédération d'États nations à six : France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Pays-Bas. Ce noyau dur « définira un nombre restreint de politiques publiques sur lesquelles les nations membres décideront de mettre leurs ressources en commun » et « disposera du poids politique pour imposer ses vues » au reste de l'Union. Car, estime-t-il, « le destin de la France et le destin de l'Europe ne font plus qu'un ».

Reste à savoir si ce pavé estivale suffira à faire oublier le bilan de son passage à Bercy. Sur le marché encombré de la pré-campagne à droite, entre Retailleau, Baroin et les autres, l'ancien ministre mise sur la feuille de route écrite. C'est au moins une chose que ses concurrents n'ont pas encore publiée.

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