Libéré après 18 ans de prison pour le meurtre de sa femme, il étrangle une septuagénaire qui refusait de l'embrasser
Par la rédaction Le Rempart
À Maubeuge (Nord), un homme de 68 ans, condamné en 2008 pour le meurtre d'une femme et libéré fin 2022, a été mis en examen pour avoir étranglé une septuagénaire qui avait repoussé ses avances. Le parquet soupçonne aussi une agression sexuelle.

Un baiser refusé, un lacet, une morte
Les faits sont d'une banalité abjecte. Mardi, à Maubeuge (Nord), la police découvre le corps d'une femme de 77 ans dans l'appartement d'un homme de 68 ans. C'est le fils de la victime qui avait signalé sa « disparition inquiétante ». Sur place, le locataire des lieux ne nie pas : il reconnaît avoir étranglé la septuagénaire, présentée comme une « connaissance amicale ».
Sa version, relayée par le parquet de Valenciennes, tient en quelques lignes glaçantes. L'homme, décrit comme ayant « des sentiments amoureux pour la victime », aurait tenté de l'embrasser. Repoussé « par un coup de bouteille », il se serait alors saisi d'un lacet pour l'étrangler. Voilà donc le prix d'un refus : la mort.
Dix-huit ans de prison, et déjà de retour au meurtre
Car ce sexagénaire n'en est pas à son coup d'essai. En 2008, il avait été condamné à 28 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, pour l'assassinat d'une femme en 2004, selon La Voix du Nord. Problème : il a été libéré le 31 décembre 2022, après avoir « exécuté sa peine », précise le parquet. Dix-huit ans réellement passés derrière les barreaux pour une condamnation à 28 ans, voilà l'arithmétique pénale française dans toute sa splendeur. Les réductions de peine, ce mécanisme quasi automatique dont on nous jure qu'il sert la réinsertion, ont fait leur œuvre.
Résultat : moins de trois ans après sa sortie, une nouvelle femme est morte, étranglée dans son salon. La « réinsertion » a visiblement porté ses fruits.
Une information judiciaire pour meurtre, et des soupçons d'agression sexuelle
L'homme a été mis en examen jeudi et placé en détention provisoire. L'information judiciaire est ouverte pour « meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime », les éléments recueillis laissant « soupçonner une atteinte de nature sexuelle », a indiqué le parquet de Valenciennes dans son communiqué. La poursuite des investigations devra « déterminer précisément les circonstances du drame ».
Le mis en examen encourt cette fois la réclusion criminelle à perpétuité. On ose espérer que, s'il est condamné, la peine sera cette fois servie jusqu'au bout, et non rabotée au nom d'un prétendu bon comportement. Car à 68 ans, avec deux femmes tuées à vingt ans d'intervalle, on peine à voir ce que la « resocialisation » pourrait encore apporter.
Il y a des débats légitimes sur l'exécution des peines. Et puis il y a des faits divers qui tranchent ces débats mieux que n'importe quel rapport parlementaire. Une femme de 77 ans est morte parce qu'un meurtrier récidiviste, condamné à 28 ans, a été jugé bon à remettre dehors après dix-huit. Les familles des victimes, elles, purgent leur peine à perpétuité. Sans réduction possible.
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