Roland Lescure a trouvé le coupable de la croissance en berne : la canicule
Par la rédaction Le Rempart
PIB en baisse de 0,2% au premier trimestre et croissance nulle au deuxième : pour le ministre de l'Économie Roland Lescure, la faute incombe à "l'été horrible" et à ses épisodes caniculaires, qui auraient plombé la production agricole.
La canicule, nouvelle variable d'ajustement du gouvernement
Il fallait y penser. Face aux derniers chiffres de l'Insee, peu flatteurs, le ministre de l'Économie Roland Lescure a dégainé vendredi une excuse d'un genre nouveau : la météo. L'institut de la statistique vient de réviser à la baisse le PIB français du premier trimestre, passé de -0,1% à -0,2%, et celui du deuxième trimestre, ramené de +0,2% à un 0,00% tout rond. Un double mauvais signal pour une économie française déjà fébrile.
Interrogé aux Universités d'été de l'économie de demain, événement organisé par Impact France, Roland Lescure y voit « le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu ». Rien de moins. L'Insee, de son côté, justifie ces révisions « par la prise en compte de la situation encore plus dégradée de la production agricole par rapport aux informations disponibles fin juillet ».
« Un impact absolument terrifiant »
Le ministre ne fait pas dans la demi-mesure pour décrire la situation du monde agricole. « Les récoltes vont sans doute être extrêmement difficiles dans un certain nombre de secteurs, dans un certain nombre de régions », a-t-il expliqué, ajoutant que l'Insee, « intégrant cette information, a révisé à la baisse la croissance sur le premier trimestre, deuxième trimestre et ça aura aussi un impact sur le troisième ».
Et d'enfoncer le clou : « C'est un impact absolument terrifiant, énorme. » On notera au passage la charge émotionnelle du propos, pratique pour dramatiser une conjoncture qu'on préférerait attribuer aux caprices du ciel plutôt qu'à l'action gouvernementale.
Le thermomètre comme bouc émissaire
Que la sécheresse et les canicules pèsent sur les récoltes, personne ne le nie : les agriculteurs français le constatent chaque été dans leurs champs. Mais ramener l'essentiel de la révision de la croissance nationale à un « épisode caniculaire » relève d'une gymnastique rhétorique dont Bercy a le secret. La France frôle la récession, l'inflation menace de repartir, mais rassurez-vous : tout cela serait affaire de thermomètre.
Reste une question que le ministre n'a pas évoquée : si le troisième trimestre s'annonce également impacté, faudra-t-il encore blâmer l'été, ou commencera-t-on enfin à parler de politique économique ? Avec un déficit public hors de contrôle et une croissance atone, le gouvernement risque de manquer d'excuses saisonnières avant l'hiver.
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