Le Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droiteLe Rempart — Le média de droite radicaleActualité de droite
Nous soutenirAidez Le RempartLe Rempart

Le média de droite radicale

Justice

Boro 700, le rappeur qui célèbre Merah et menace les épouses de Ciotti et Estrosi

Par la rédaction Le Rempart

Le maire de Nice Éric Ciotti a saisi le procureur de la République et le ministre de l'Intérieur après la publication d'un morceau de rap faisant référence aux attentats islamistes et ciblant les proches des deux élus.

Boro 700, le rappeur qui célèbre Merah et menace les épouses de Ciotti et Estrosi

Un morceau, trois semaines de silence, puis la saisine

Le rappeur Boro 700 a publié le morceau "MRH" le 7 juillet 2026 sur les plateformes de streaming. Le titre fait référence au terroriste Mohammed Merah, auteur des tueries de 2012 à Toulouse et Montauban. Le morceau cumulait environ 920 000 écoutes sur Spotify le 5 août 2026, selon les documents consultés par Nice Matin. L'artiste, décrit comme parisien dans les articles et apparaissant cagoulé sur ses réseaux sociaux selon BFM TV, compte 213 651 auditeurs mensuels sur la même plateforme.

Éric Ciotti, maire de Nice, a attendu près d'un mois avant de réagir institutionnellement. Le 3 août 2026, il a saisi le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, par courrier. Il a également écrit au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Les articles relatant cette saisine ont été publiés le 5 août 2026.

Ce que contiennent les paroles

Les documents indiquent que le morceau contient les paroles suivantes : "Bataclan, faisez les morts, allongez-vous, je vais en shooter à l'œil. J'baise la femme à Estrosi et Ciotti, allumez sept terrasses, on est dans les tranchées". Il fait ainsi référence à l'attentat du Bataclan du 13 novembre 2015, tout en mêlant des menaces de nature sexuelle à l'encontre des épouses des deux élus niçois.

Le texte contient également d'autres références terroristes et idéologiques. Selon les mêmes sources, on y trouve des allusions à Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, ainsi qu'à Adolf Hitler. D'autres paroles citées dans les articles : "J'ai pas peur, j'ai pas peur de l'enfer, le pacte est intact, à part Allah qui peut m'arrêter" et "Gros, entre Satan et moi, connexion électrique".

Ce que demande Éric Ciotti

Dans son courrier au procureur, Éric Ciotti sollicite l'appréciation des "qualifications pénales susceptibles d'être retenues et les suites qu'il conviendra d'engager". Selon BFM TV, l'élu estime que le rappeur devrait être poursuivi pour "apologie du terrorisme".

Le maire de Nice dénonce plusieurs éléments dans sa correspondance : des propos "banalisant la violence terroriste", portant une "atteinte insupportable à la mémoire des victimes", diffusant une "culture de la haine", et constituant une "instrumentalisation de nos proches" avec des "propos à caractère sexuel d'une extrême vulgarité".

Le contexte niçois : un anniversaire récent, une plaie vive

Les documents soulignent un élément de contexte local significatif. Nice a été frappée par l'attentat du 14 juillet 2016, dont le dixième anniversaire a été commémoré "il y a quelques semaines" selon le courrier de Ciotti, soit début juillet 2026. Cette proximité temporelle explique en partie la virulence de la réaction de l'élu, qui voit dans ce morceau une provocation particulièrement intolérable pour une ville encore marquée par le terrorisme islamiste.

Le dossier ne fournit pas d'informations sur d'éventuelles réactions de Christian Estrosi, ancien maire de Nice également visé par les paroles du morceau. Il n'indique pas non plus si d'autres élus ou institutions se sont associés à la démarche de Ciotti.

Ce que le dossier ne dit pas

Plusieurs éléments essentiels manquent à cette heure dans les documents disponibles. Aucune réaction du rappeur Boro 700 n'a pu être recensée dans les sources consultées. Le procureur de Nice n'a pas communiqué sur l'ouverture ou non d'une enquête. Le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu publiquement au courrier de Ciotti.

Le cadre juridique précis de l'affaire n'est pas établi dans les documents. Si l'apologie du terrorisme est évoquée par BFM TV comme l'orientation souhaitée par Ciotti, les qualifications exactes que le procureur pourrait retenir n'ont pas été précisées. Les articles du code pénal potentiellement applicables ne sont pas cités dans les sources.

Aucun précédent judiciaire impliquant Boro 700 n'est mentionné. On ignore si le rappeur a déjà fait l'objet de poursuites pour des propos similaires, ou si cette publication constitue une première dans son parcours.

L'angle du Rempart

Voilà près d'un mois qu'un rappeur cagoulé célébrait Mohammed Merah, rêvait de refaire le Bataclan et promettait de violer les femmes d'élus républicains. 920 000 écoutes. Pas de suppression. Pas de modération. Pas de réaction des plateformes. Rien.

Le silence de Spotify et des autres distributeurs mérite qu'on s'y arrête. Un morceau qui fait l'apologie de Merah, qui s'en prend aux victimes du 13 novembre, qui menace de mort et de viol, reste en ligne pendant des semaines et cumule près d'un million d'écoutes. La modération algorithmique sévit contre un mauvais mot, pas contre l'apologie du terrorisme. Le business model de la haine, lui, fonctionne à plein régime : 213 000 auditeurs mensuels, c'est un revenu publicitaire assuré.

Éric Ciotti a eu raison de saisir le procureur. Il a eu raison d'écrire au ministre de l'Intérieur. Mais cette double saisine révèle aussi l'impuissance structurante de nos institutions. Pourquoi faut-il qu'un maire écrive au ministre pour qu'un morceau célébrant Merah soit enfin examiné ? Pourquoi la justice pénale, lente et solennelle, reste-t-elle le seul recours contre des contenus que des modérateurs professionnels auraient dû repérer en quelques heures ?

Le timing n'est pas anodin. Nice vient de commémorer les dix ans de l'attentat du 14 juillet 2016. La ville de Ciotti porte encore les cicatrices du terrorisme. Et c'est précisément contre cette ville, contre ses élus, contre leur famille, que le rappeur vise. La provocation n'est pas seulement idéologique, elle est chirurgicale.

On nous rebattra les oreilles de la liberté d'expression artistique, du caractère transgressif du rap, de la nécessité de ne pas céder à la censure. Point contesté : la frontière entre transgression et infraction pénale existe. Elle est même écrite dans la loi. L'apologie du terrorisme n'est pas une opinion. La menace de viol n'est pas une métaphore. Le Bataclan, ce ne sont pas des syllabes à rimer.

Ce qui frappe enfin, c'est la banalisation accomplie. 920 000 écoutes, c'est une audience de mid-level, un artiste qui n'est ni inconnu ni superstar. C'est le quotidien de la haine numérisée, consommée en streaming pendant le trajet en métro, entre deux stories Instagram. Le terrorisme devient beat, le viol devient punchline, et tout le monde scroll.

Le procureur de Nice a reçu le dossier. Le ministre aussi. Reste à savoir si la justice sera plus rapide que les algorithmes de recommandation.

Suite