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Port du voile : Mélenchon assume son revirement et reconnaît une « erreur terrible »

Par la rédaction Le Rempart

Devant des militants insoumis à Paris, mercredi 2 septembre 2026, Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir « changé d'avis » sur le port du voile, lui qui le qualifiait en 2010 de « signe de soumission patriarcale » et de « chiffon sur la tête » en 2017.

Port du voile : Mélenchon assume son revirement et reconnaît une « erreur terrible »

Un aveu devant les militants insoumis

Jean-Luc Mélenchon a reconnu mercredi 2 septembre 2026 avoir « changé d'avis » sur la question du port du voile islamique, rapporte l'Agence France-Presse. Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle s'exprimait lors d'une conférence tenue à Paris devant des militants insoumis, revenant sur la polémique née en début de semaine après la proposition du Rassemblement national de pénaliser le port du voile dans l'espace public.

« Il y avait un temps aussi, je n'étais pas d'accord avec cette histoire de voile, je n'avais pas compris », a-t-il déclaré. « Mais j'ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n'étaient pas croyantes mais qui disaient chacun "fait comme il veut". Et on en a parlé […] et j'ai été convaincu, j'ai changé d'avis. Je me suis dit que j'ai fait une erreur terrible », a-t-il développé, lui qui se veut à la pointe de la lutte contre l'islamophobie.

Des positions passées bien différentes

L'évolution revendiquée du fondateur de LFI tranche avec ses déclarations antérieures. En 2010, il qualifiait le voile de « signe de soumission patriarcale ». En 2017, il en parlait comme d'un « chiffon sur la tête ». Par son revirement sur cette question, Jean-Luc Mélenchon est accusé par certains d'avoir tourné le dos à la gauche laïque universaliste.

Lors de cette même conférence, le candidat insoumis a par ailleurs appelé ses militants à ne pas verser dans l'injure sur les réseaux sociaux, notamment contre la candidate du RN. « Camarades, faites tous un effort, ne leur ressemblez pas. Pas d'injures, pas de sexisme, pas d'insultes », a-t-il lancé, après avoir dénoncé la tonalité des messages des sympathisants d'extrême droite sur X. « Donc madame Le Pen, du fait qu'elle est une femme, vous devez prendre des précautions supplémentaires », a prévenu celui qui affrontera Marine Le Pen à une élection présidentielle pour la quatrième fois.

Une proposition du RN qui fait réagir toute la classe politique

La proposition du Rassemblement national de sanctionner le port du voile dans l'espace public, à l'origine de la polémique, suscite des réactions dans tous les camps. « On veut lutter contre l'islamisme », a justifié Sébastien Chenu, vice-président du RN, sur BFM TV.

À droite, Jean-François Copé (LR) a jugé sur franceinfo qu'une telle interdiction serait « un faux combat parce que c'est totalement impossible », ajoutant : « C'est trop tard, il aurait fallu le décider il y a peut-être 25 ou 30 ans. » De son côté, Gabriel Attal a estimé sur CNews qu'« une jeune fille, de 5, de 6, de 7 ans, contrainte de porter le voile, doit être protégée par la République ».

Dans le débat médiatique, l'essayiste Eric Naulleau a affirmé sur Europe 1 que « le voile est utilisé comme cheval de Troie contre la laïcité ». À l'inverse, Sabrina Medjebeur a estimé sur CNews que « ce n'est pas en sanctionnant le port du voile qu'on arrivera à empêcher son expansion », tandis que le journaliste Gérard Carreyrou parlait d'une « faute politique » du RN sur Europe 1.

Reste qu'en quelques années, le leader insoumis est passé du « chiffon » à l'aveu d'« erreur terrible », convaincu, dit-il, par les arguments entendus auprès des femmes concernées.

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