Louis Aliot favorable à «couper le robinet» des aides à Kiev : passe d'armes entre Edouard Philippe et Marine Le Pen
Par la rédaction Le Rempart
Interrogé jeudi soir sur BFM-TV, Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, s'est dit favorable à «couper le robinet» des aides françaises à l'Ukraine. Edouard Philippe a aussitôt dénoncé le «soutien au régime de Poutine» du RN, Marine Le Pen lui répliquant en fustigeant son bilan international «piteux».

Le ton est monté, vendredi 4 septembre, entre Edouard Philippe et Marine Le Pen, tous deux favoris des sondages pour l'élection présidentielle de 2027, au sujet de la guerre en Ukraine. Le candidat du parti Horizons a reproché à sa rivale du Rassemblement national (RN) son «soutien au régime de Poutine», tandis que la candidate d'extrême droite a dénoncé le bilan international «piteux» de l'ancien chef de gouvernement macroniste.
La sortie de Louis Aliot sur BFM-TV
La passe d'armes est partie des propos tenus jeudi soir par Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, sur le plateau de BFM-TV, où il était l'invité de Sonia Mabrouk. Interrogé sur la possibilité de «couper le robinet» des aides à Kiev, l'élu a repris l'expression à son compte.
«On coupe le robinet. Le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l'économie, tout le monde est à l'os, et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes (…) Je veux bien, mais qui paye tout ça ? Il faut savoir aussi arrêter une guerre», a-t-il estimé.
L'argument est budgétaire autant que stratégique : face à des services publics français sous tension, le vice-président du RN juge que les fonds consacrés à l'effort de guerre ukrainien ne sont plus soutenables et qu'il faut, selon ses termes, «savoir arrêter une guerre».
La réponse d'Edouard Philippe
Edouard Philippe a saisi l'occasion pour reprocher au RN «son soutien au régime de Poutine». «Couper le robinet à l'Ukraine, c'est servir la Russie. Le Rassemblement national a changé de position sur à peu près tout, sauf sur son soutien au régime de Poutine contre les intérêts français et européens», a-t-il écrit sur X, vendredi.
«Affaiblir l'Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen, c'est menacer la sécurité de l'Europe et de la France. Je ferai tout pour l'en empêcher», a juré le maire du Havre, qui faisait campagne ces derniers jours à la Foire de Châlons, à Châlons-en-Champagne (Marne), le 31 août.
Marine Le Pen a répliqué en dénonçant le bilan international «piteux» de l'ancien premier ministre, alimentant un échange qui illustre la place croissante du dossier ukrainien dans la pré-campagne présidentielle.
Une ligne «pacifiste» assumée au RN
La prise de position de Louis Aliot s'inscrit dans une évolution plus large du parti : au Rassemblement national, la ligne «pacifiste» vis-à-vis de la Russie prend le dessus, note Le Monde. Alors que Kiev dénonçait cette semaine une «escalade majeure» après une attaque russe contre le siège du service de sécurité ukrainien, le RN fait désormais de l'arrêt des financements militaires un marqueur de sa candidature pour 2027.
Louis Aliot, réélu maire de Perpignan dès le premier tour des municipales de 2026, s'affiche par ailleurs en soutien actif des candidats du parti sur le terrain, comme récemment à Castres auprès de Florian Azéma. Il pointe aussi du doigt le système des parrainages, «très imparfait» selon lui, alors que Marine Le Pen aurait déjà réuni 400 signatures en vue de 2027.
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