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Réfugié palestinien ou terroriste présumé : l'omission gênante de Rima Hassan et Thomas Portes

Par Roman Thill

Rima Hassan et Thomas Portes ont visité en prison un détenu présenté comme un simple réfugié palestinien, sans jamais mentionner qu'Ali Alaraj est mis en examen pour trois qualifications terroristes, révèle le JDD.

Réfugié palestinien ou terroriste présumé : l'omission gênante de Rima Hassan et Thomas Portes

Un récit soigneusement construit

Le 25 mai dernier, Rima Hassan publiait sur X plusieurs photographies de sa visite, en compagnie du député insoumis Thomas Portes, dans une maison d'arrêt du Val-d'Oise. L'eurodéputée expliquait être venue rencontrer « Ali, un Palestinien qui avait obtenu le statut de réfugié en France », emprisonné depuis deux ans « sur la seule base d'informations envoyées par Israël ». Elle dénonçait des accusations émanant de « l'État colonial israélien ». Dans ce message, le détenu n'était désigné que par son prénom. Les raisons précises de son incarcération n'apparaissaient nulle part.

Selon les révélations du JDD, le député écologiste Sabrina Sebaihi et l'insoumise Gabrielle Cathala étaient également présents lors de cette visite, qui aurait en outre enfreint certaines règles pénitentiaires, selon la presse israélienne.

Trois qualifications terroristes

Derrière ce « Ali » se trouve en réalité Ali Alaraj, également connu sous le nom d'Abou Amir, originaire du camp de Balata, à Naplouse, en Cisjordanie. L'homme est mis en examen des chefs d'association de malfaiteurs terroriste, de financement d'une entreprise terroriste et de complicité de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Autant d'éléments issus d'une procédure judiciaire française, et non d'un simple cahier de charges israélien.

C'est là que le récit des élus insoumis vacille. Contester une procédure est un droit, visiter un détenu en est un autre, et les parlementaires y sont légitimes. Mais présenter un mis en examen pour complicité de tentatives d'assassinat comme un réfugié détenu « sur la seule base d'informations envoyées par Israël » relève d'une tout autre démarche : celle de la construction d'une cause, au prix d'une omission qui n'a rien d'innocent. Quand on choisit de taire le prénom... puis le nom, puis les qualifications, on ne simplifie pas un dossier, on le réécrit.

La note de la DGSI

Le dossier ne s'arrête pas là. Dans une note blanche transmise à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), la Direction générale de la sécurité intérieure décrit Ali Alaraj comme « un ancien chef de section des Faucons du Fatah, ramification des brigades Al-Aqsa ». Cette évaluation des services français a précédé le retrait de son statut de réfugié en février 2025.

Précision utile : les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, issues du Fatah, figurent sur la liste antiterroriste de l'Union européenne. Human Rights Watch, dans une enquête publiée en juillet 2024, les compte parmi les cinq groupes armés palestiniens ayant participé aux attaques du 7 octobre 2023. Le JDD souligne à juste titre qu'aucun élément ne permet d'associer Ali Alaraj à ces attaques. Mais cela éclaire la nature de l'organisation au sein de laquelle les services français estiment qu'il aurait exercé des responsabilités.

Une mobilisation installée

La visite de Rima Hassan et Thomas Portes n'est pas un épisode isolé. Dès octobre 2025, Jean-Luc Mélenchon apparaissait sur une photographie brandissant une affiche réclamant « Liberté pour Ali », présenté là encore comme un « réfugié palestinien emprisonné en France sur accusations israéliennes depuis mai 2024 ». Sans mention, là encore, du financement présumé d'entreprise terroriste ni de la note de la DGSI.

La méthode est donc systémique : transformer un dossier antiterroriste français en affaire d'influence étrangère. Cela revient, indirectement, à jeter le discrédit sur le travail de la DGSI et de la justice française, présentés comme de simples relais de Jérusalem. Pour un mouvement qui passe son temps à réclamer la protection des services de renseignement quand il s'agit de ses propres électeurs visés par des menaces, la souplesse est notable.

Le contexte judiciaire des protagonistes

Cette affaire s'inscrit dans un parcours déjà chargé. Rima Hassan est jugée mardi pour apologie du terrorisme, et ses prises de position répétées ont valu à la gauche européenne d'être interpellée par une ONG sur son silence. Thomas Portes, de son côté, s'est illustré cet été par une sortie sur le rugby amateur , « il n'y avait quasiment que des Blancs » , qui lui a valu un tollé, puis par une passe d'armes très vive avec le député RN Jean-Philippe Tanguy sur l'islamo-gauchisme.

La question posée par l'affaire Alaraj n'est donc pas marginale : jusqu'où un parti politique peut-il aller dans la défense d'une cause sans informer l'opinion des charges réelles pesant sur celui qu'il érige en symbole ? À force de choisir ses martyrs sans regarder leurs dossiers, La France insoumise prend le risque de se retrouver, un jour, à devoir expliquer pourquoi elle défendait un homme condamné. Le jour où le procès d'Ali Alaraj aura lieu, les photographies de Rima Hassan, Thomas Portes et Jean-Luc Mélenchon resurgiront. Et il faudra bien davantage qu'un prénom pour les justifier.

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