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Cahors : un sans-papiers marocain fracasse le crâne de son beau-fils au fléau d'armes, il écope de 18 mois dont huit avec sursis, purgés sous bracelet

Par Roman Thill

Le tribunal correctionnel de Cahors a condamné vendredi 18 septembre un homme de 26 ans, en situation irrégulière, à 18 mois de prison dont huit avec sursis, pour avoir frappé son beau-fils avec un fléau d'armes en avril 2026. La peine sera exécutée sous surveillance électronique.

Cahors : un sans-papiers marocain fracasse le crâne de son beau-fils au fléau d'armes, il écope de 18 mois dont huit avec sursis, purgés sous bracelet

La scène se déroule à Cahors, dans la nuit du 19 avril 2026, mais c'est à l'hôpital que l'affaire commence. Alertées après une altercation, les forces de l'ordre remontent jusqu'au domicile de la mère de Léa, où la jeune femme et son compagnon Kevin ont été violemment pris à partie quelques heures plus tôt. Vendredi 18 septembre, le tribunal correctionnel de Cahors a condamné l'auteur des coups, Yassine, 26 ans, de nationalité marocaine et en situation irrégulière sur le territoire, à 18 mois d'emprisonnement, dont huit mois assortis d'un sursis simple. Une peine qui, précisons-le d'emblée, sera intégralement exécutée hors des murs d'une prison : les dix mois de ferme restants le seront sous surveillance électronique.

Un fléau d'armes, un crâne ouvert

Selon les éléments débattus à l'audience, le prévenu est rentré au domicile après avoir consommé de l'alcool. Une dispute éclate avec Kevin, qu'il souhaite voir quitter les lieux. Léa affirme avoir été poussée à plusieurs reprises dans les escaliers en tentant de faire sortir le prévenu, qui lui aurait ensuite porté un coup au visage. Réveillé par les cris, Kevin s'interpose. C'est alors que Yassine aurait saisi un fléau d'armes, cette arme médiévale constituée d'une partie métallique, pour frapper le jeune homme à plusieurs reprises au visage.

Les conséquences sont lourdes : traumatisme crânien, lésions multiples sur le corps, et surtout un morceau de métal issu de l'arme retrouvé fiché dans le crâne de la victime, qui a dû être opérée pour le retirer. À la barre, Kevin a raconté « s'être réveillé après avoir perdu connaissance, dans une mare de sang », selon le récit rapporté par La Dépêche du Midi. Léa, de son côté, présente un traumatisme au genou droit et des lésions aux côtes, avec deux jours d'incapacité totale de travail. Son avocate, Me Émilie Geoffroy, a sollicité une expertise médicale ainsi que 800 euros de dommages et intérêts, évoquant également un suivi psychologique.

Des versions qui divergent, une fuite évoquée

À la barre, assisté d'un interprète, le prévenu indiquant avoir des difficultés à comprendre le français et les procédures judiciaires, conteste les violences envers Léa : « Je n'ai pas touché Léa », soutient-il. Il reconnaît une altercation avec Kevin, qu'il décrit comme alcoolisé, et affirme ne pas comprendre comment le métal a pu se retrouver dans le crâne de la victime. Quant à sa propre consommation d'alcool, il l'admet, mais « pas beaucoup ». Kevin, lui, maintient ses déclarations et décrit une scène conforme à l'enquête, expliquant avoir vu le prévenu descendre chercher un objet avant d'intervenir par crainte qu'il ne frappe Léa.

Le témoignage de la compagne du prévenu, Mme A., ajoute un élément qui n'est pas anodin : selon elle, Yassine aurait demandé de ne pas ouvrir aux forces de l'ordre et aurait même « envisagé de sauter par la fenêtre ». Difficile d'y voir l'attitude d'un homme convaincu de n'avoir rien à se reprocher.

Une peine aménagée, et une question qui demeure

Le ministère public avait requis 18 mois d'emprisonnement, dont dix mois de sursis simple, assortis d'une interdiction de détenir ou porter une arme et d'une interdiction de contact avec les victimes pendant trois ans. La défense, assurée par Me Aurélie Smagghe, plaidait la relaxe, estimant que les violences entre les deux hommes relevaient de « coups réciproques ». Le tribunal a finalement déclaré le prévenu coupable, avec huit mois de sursis au lieu des dix requis, mais en aménageant le reliquat sous bracelet électronique.

C'est là que l'affaire dépasse le seul fait divers. Un homme en situation irrégulière, installé en France depuis 2021, fracasse le crâne d'un jeune homme avec une arme de guerre médiévale au point d'y laisser un éclat de métal, et il ne connaîtra pas la détention. Son casier vierge a sans doute pesé dans la balance, comme le permet le droit. Mais on peut s'interroger sur le signal envoyé : à quel moment la gravité des faits, un traumatisme crânien avec corps étranger retiré au bloc opératoire, devient-elle incompatible avec un aménagement de peine ?

Autre silence notable du jugement, au moins dans les éléments rapportés : aucune mesure d'éloignement du territoire ne semble avoir été évoquée, alors que l'irrégularité du séjour du prévenu était établie et discutée à l'audience. Condamner un étranger en situation irrégulière pour des violences d'une telle brutalité, puis le renvoyer chez lui avec un bracelet à la cheville, c'est traiter la sanction pénale sans jamais traiter la question du séjour. Or les deux sont liées : le droit de rester en France n'est pas un acquis définitif, et la commission de violences graves devrait logiquement en hâter la remise en cause.

Les victimes, elles, repartent avec une expertise médicale à venir, 800 euros demandés à titre de réparation et un suivi psychologique. La justice a tranché sur la culpabilité, et c'est son rôle. Reste que la clémence de l'exécution, dans un dossier où un homme a failli perdre la vie sous les coups d'une arme blanche d'un autre âge, laissera plus d'un habitant du Lot perplexe.

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