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Le Pontet : la justice autorise le rassemblement de Raphaël Arnault, interdit par le maire RN Joris Hébrard

Par Clarence Azolina

Le tribunal administratif de Nîmes a suspendu ce vendredi 25 septembre l'arrêté du maire RN du Pontet, Joris Hébrard, qui interdisait le rassemblement festif organisé par le député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault dans le quartier Joffre.

Le Pontet : la justice autorise le rassemblement de Raphaël Arnault, interdit par le maire RN Joris Hébrard

Le bras de fer n'aura duré que quelques heures. Ce vendredi 25 septembre 2026, le tribunal administratif de Nîmes a suspendu en urgence l'arrêté municipal par lequel Joris Hébrard, maire Rassemblement national du Pontet, interdisait le rassemblement festif organisé par Raphaël Arnault, député de la première circonscription du Vaucluse, dans le quartier Joffre. La fête, avec barbecue et jeux gonflables, peut donc se tenir dès 18 heures, comme prévu par l'élu insoumis.

Une interdiction jugée « manifestement illégale »

Joris Hébrard avait justifié sa décision par un risque de troubles à l'ordre public. Un argument que le juge des référés n'a pas retenu. Le tribunal estime que « les risques de troubles à l'ordre public n'étaient pas suffisamment caractérisés » et que « l'interdiction de la manifestation en cause est manifestement illégale et porte une atteinte grave à la liberté de réunion et de manifestation », selon ICI.

Sur le plan juridique, la leçon est sans appel : le pouvoir de police du maire ne s'exerce pas à la tête du client. Pour qu'une interdiction tienne devant le juge, encore faut-il documenter précisément la menace, pas se contenter d'invoquer le profil de l'organisateur. En interdisant un événement familial sans faisceau d'indices sérieux, la mairie du Pontet s'est exposée à une censure prévisible. Une maladresse de plus, alors que les maires RN, scrutés à la loupe depuis leur arrivée aux affaires en 2025, ont tout intérêt à une application irréprochable du droit.

Arnault savoure, la mairie conteste le fond

Le député insoumis n'a pas tardé à transformer ce succès judiciaire en victoire politique. « Victoire ce matin », écrit-il sur son compte Instagram, ajoutant pouvoir « poursuivre la tournée de la circonscription ». Dans un communiqué, il va plus loin : « Cet épisode illustre une nouvelle fois l'exercice du pouvoir par l'extrême droite : une utilisation abusive des pouvoirs de police, des atteintes aux libertés publiques et une mise à l'écart d'une partie de la population ».

La formule est rodée. Elle permet à l'élu, figure du mouvement antifasciste avant son entrée à l'Assemblée, de rejouer une partition qu'il maîtrise : se présenter en rempart des libertés face à des municipalités RN qu'il provoque méthodiquement, ville après ville. Difficile de ne pas y voir une stratégie délibérée : la « tournée de la circonscription » cible précisément les communes conquises par le Rassemblement national, et chaque interdiction ratée devient un argument de campagne gratuit.

La mairie du Pontet, elle, ne désarme pas. Elle « condamne ce rassemblement » et pose une question qui mérite d'être entendue : « est-il dans les attributions d'un parlementaire d'organiser un barbecue et de financer des jeux pour enfants ? ». Interroger l'usage des moyens publics d'un député à des fins qui ressemblent fort à de l'animation militante n'est pas absurde, même si ce débat relève d'une autre enceinte que le référé-liberté.

Un duel qui se répète dans le Vaucluse

L'épisode n'est pas isolé. La semaine dernière, Raphaël Arnault s'était rendu à Carpentras pour un état des lieux de six mois de mandat RN à la tête de la ville. Le maire Hervé de Lépinau avait refusé de mettre une salle municipale à sa disposition. Cette fois-là, le tribunal administratif de Nîmes n'avait pas suspendu la décision municipale, jugeant l'atteinte à la liberté de manifester insuffisamment caractérisée. La manifestation avait finalement rassemblé une soixantaine de personnes.

Le contraste entre les deux décisions éclaire la frontière du droit : refuser une salle n'est pas interdire une réunion. Un maire n'a pas d'obligation d'équiper les déplacements d'un adversaire politique ; il ne peut en revanche pas lui fermer l'espace public sans motif sérieux. Les édiles RN du Vaucluse feraient bien de méditer cette distinction, car chaque arrêté cassé nourrit le récit de l'adversaire.

Une victoire judiciaire, un match politique ouvert

Reste l'essentiel. Raphaël Arnault repart avec un succès juridique incontestable et une tribune médiatique offerte. Joris Hébrard, lui, a voulu marquer son territoire et se retrouve désavoué par le juge administratif, ce qui affaiblit plus l'autorité municipale qu'une fête de quartier ne l'aurait jamais fait. À force de répondre aux provocations de l'insoumis par l'interdiction, les mairies RN du Vaucluse lui offrent exactement ce qu'il cherche : des duels où il a tout à gagner. La fermeté est légitime quand l'ordre public est réellement menacé ; encore faut-il que la menace existe et soit prouvée. À défaut, c'est l'interdiction elle-même qui devient le trouble.

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