Justice

Saint-Denis : le maire LFI Bally Bagayoko porte plainte pour des propos racistes et des menaces de mort en ligne

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Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a déposé plainte mercredi 28 octobre à la préfecture de police après avoir reçu des messages racistes et des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Le même jour, il appelait à un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes et La Verrière.

Bally Bagayoko lors de sa représentation à la manifestation annuelle de la fête du travail, le 1er mai 2026 à Paris. Photo. : C. Martin, SIPA
Bally Bagayoko lors de sa représentation à la manifestation annuelle de la fête du travail, le 1er mai 2026 à Paris. Photo. : C. Martin, SIPA

Bally Bagayoko, maire La France insoumise de Saint-Denis, a déposé plainte mercredi 28 octobre à la préfecture de police de Paris pour des propos racistes et des menaces de mort reçus sur ses différents réseaux sociaux. Il l'a lui-même annoncé dans la matinée sur son compte X.

« J'étais de nouveau ce matin à la préfecture de Police pour porter plainte pour des propos racistes et des menaces de mort », a-t-il écrit, avant d'appeler à « bloquer les comptes qui diffusent la haine ». Le message a été vu plus de 105 000 fois.

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Des injures ouvertement racistes

Parmi les messages que l'élu dit recevoir figurent des injures d'une violence crue : « Rentre chez toi Mamadou », « Va à Bamako avec tes racailles ». Des propos qui tombent sous le coup de la loi, l'injure raciste publique étant un délit passible de poursuites.

L'emploi de la formule « de nouveau » n'est pas anodin : ce n'est pas la première fois que l'élu se déplace au commissariat ou à la préfecture pour ce type de dépôt de plainte. Dans le débat public comme sur les réseaux sociaux, Bally Bagayoko est l'une des figures locales les plus exposées de la mouvance insoumise, et l'une des plus ciblées.

Un contexte marqué par l'attentat de Trappes

Cette démarche judiciaire intervient dans un climat particulièrement lourd. Le même jour, le maire de Saint-Denis appelait à un rassemblement à 17 h 30 devant l'hôtel de ville, « en hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes et La Verrière ».

Le vendredi 23 octobre, un homme de 39 ans, Kevin T., a ouvert le feu à l'arme automatique dans ces deux communes des Yvelines, tuant une personne et en blessant cinq autres, dont une enfant de 12 ans. Interpellé à Coignières au terme d'une course meurtrière d'environ vingt minutes, il a déclaré aux policiers avoir voulu s'en prendre « aux Noirs et aux Arabes » et s'être félicité d'avoir « vengé les commerçants » pillés lors des manifestations du 17 octobre, selon les informations du Monde.

Un exemplaire de Mein Kampf a été découvert à son domicile. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête et le suspect a été placé en observation psychiatrique.

Le poison des réseaux sociaux

L'affaire illustre une fois de plus jusqu'où peut descendre l'expression publique en ligne, où l'anonymat libère des pulsions que la rue et la loi contenaient encore. Les menaces de mort ne constituent pas un débat d'idées, et les injures racistes n'en constituent pas davantage. Sur ce point, la réponse pénale est non seulement légitime mais nécessaire.

Il reste que l'appel de l'élu à « bloquer les comptes » relève d'une autre logique, celle de la plateforme et non du juge. Les autorités françaises et européennes peinent depuis des années à imposer aux réseaux sociaux une modération effective, un dossier sur lequel les velléités de régulation se heurtent régulièrement aux géants du numérique.

La justice devra désormais identifier les auteurs des messages visés par la plainte. Sur les réseaux sociaux, la levée de l'anonymat est possible sur réquisition judiciaire : ceux qui écrivent « va à Bamako » depuis leur salon devront bientôt en répondre devant un magistrat.

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