Justice

Ali Rabeh : si la gauche gouverne en 2027, parler de « grand remplacement » deviendra un délit

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Sur France Inter ce vendredi, le maire Génération.s de Trappes, Ali Rabeh, a annoncé qu'en cas de victoire de La France insoumise en 2027, évoquer le « grand remplacement » tomberait sous le coup de la loi et serait puni par la justice.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, du parti politique Génération.s, était l’invité de France Inter ce matin, le vendredi 30 octobre 2026. Image : France Inter
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, du parti politique Génération.s, était l’invité de France Inter ce matin, le vendredi 30 octobre 2026. Image : France Inter

Il ne s'agira plus de débattre, mais de condamner. Sur France Inter, ce vendredi 30 octobre au matin, le maire (Génération.s) de Trappes, Ali Rabeh, a annoncé que si La France insoumise accède au pouvoir en 2027, parler de « grand remplacement » sera un délit, poursuivi et puni par la justice.

La déclaration intervient une semaine jour pour jour après l'attentat qui a endeuillé sa commune et la ville voisine de La Verrière. Le 23 octobre, un homme avait ouvert le feu à l'arme automatique « à proximité des mosquées », tuant Pengo B.-W., 26 ans, et blessant cinq personnes, dont une fillette de douze ans. Le tireur présumé, Kevin T., 39 ans, a été interpellé peu après. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête, ouverte notamment pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

À lire aussi : BFMTV déprogramme Éric Zemmour après une pétition soutenue par un député Génération.s · Attentat de Trappes : la photo de Kevin T. retirée du site de l'association France Palestine Solidarité

Une semaine de prises de parole

Depuis le drame, l'élu des Yvelines multiplie les interventions médiatiques. Lundi, sur le plateau de C à vous sur France 5, il dénonçait déjà « une obsession pour l'immigration en France », ajoutant que « les immigrés de ce pays, ainsi que leurs descendants, vous demandent de leur foutre la paix ». Des propos tenus alors que Trappes venait d'enterrer sa douleur et que les habitants, selon le reportage publié par Le Monde, disaient leur colère et leur fatalisme : « On savait qu'un jour ou l'autre, une telle attaque allait arriver. »

Ce vendredi, Ali Rabeh est allé plus loin encore : ce que la gauche n'est pas parvenue à faire disparaître du débat public, elle promet désormais de le faire taire par la voie pénale.

Une expression au cœur du débat depuis quinze ans

L'expression « grand remplacement » est associée à l'écrivain Renaud Camus, qui l'a popularisée il y a une quinzaine d'années. Elle est depuis devenue un concept central des débats sur l'immigration, repris par une partie de la droite et combattu par la gauche comme une théorie d'extrême droite. Sur le service public, on l'a présentée en janvier dernier comme le mot d'ordre d'un « ventriloque de notre société », accompagnant « la peur de l'immigration et la montée de l'extrême droite ».

Reste que le phénomène démographique que l'expression décrit fait l'objet de chiffres publics, d'études et de débats d'experts. Criminaliser le terme reviendrait à sortir du champ légal une question que des millions de Français jugent légitime, au moment même où les tensions migratoires n'ont jamais été aussi vives.

La tentation du délit d'opinion

L'annonce du maire de Trappes s'inscrit dans une tendance lourde : à gauche, l'idée que certains sujets doivent être retirés du débat par la contrainte judiciaire n'est plus marginale. Sur la même antenne publique, Patrick Cohen réclamait il y a peu que la loi interdise purement et simplement une émission de CNews qu'il jugeait fasciste. De la suppression d'une chronique de France Inter après pressions internes à la promesse d'un délit d'opinion, la méthode se précise : ce qui ne peut être réfuté doit être interdit.

À huit mois d'une présidentielle décisive, cette sortie donne au scrutin de 2027 un éclairage supplémentaire. Elle dessine ce que serait l'exercice du pouvoir par une gauche radicale assumée : une liberté d'expression administrée, un vocabulaire autorisé, et des tribunaux pour veiller à ce que la ligne soit tenue. Ce n'est plus une promesse de campagne parmi d'autres. C'est un programme.

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