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Ceuta : des centaines de migrants filent en douce sous le nez de la Guardia Civil

Plus de 1.500 migrants sont parvenus à accéder à l'enclave espagnole de Ceuta en ce mois de juillet 2026. Plusieurs centaines ont ensuite forcé le poste-frontière et disparu sur le territoire espagnol, malgré la présence des forces de l'ordre.

Ils étaient là, puis ils n'étaient plus. La scène se répète avec une régularité désespérante aux portes de l'Europe. Ce jeudi, alors que plus de 1.500 migrants venaient d'accéder à Ceuta, l'enclave espagnole cernée par le Maroc, plusieurs centaines d'entre eux ont décidé de ne pas s'arrêter au comptoir de l'accueil. Objectif : franchir le poste-frontière et disparaître dans la péninsule. Mission accomplie, en plein jour, sous le nez des hommes de la Guardia Civil.

Une fuite organisée, un contrôle fantôme

Les images, filtrées sur les réseaux sociaux avant même tout communiqué officiel, montrent des groupes entiers se faufilant entre les barrières, escaladant des grillages ou simplement traversant en masse les points de passage théoriquement surveillés. La Guardia Civil, pourtant réputée moins conciliante que nos propres forces de l'ordre, a visiblement été submergée. Ou désarmée. Ou les deux. Personne ne dit le contraire, personne n'assume non plus. Le ministère de l'Intérieur espagnol, contacté par la presse, a botté en touche derrière un laconique "la situation est suivie". Suivie de loin, apparemment.

Ce n'est pas la première fois que Ceuta connaît ce type d'assaut. L'enclave, avec Melilla, constitue l'un des deux derniers sas d'entrée terrestre vers l'Union européenne depuis le continent africain. Mais le phénomène a pris une ampleur nouvelle. Le Maroc, traditionnellement garde-frontière officieux de l'Europe, semble avoir relâché la pression. Ou l'avoir orientée ailleurs. Quoi qu'il en soit, les débarquements se multiplient, les structures d'accueil débordent, et les fugues collectives deviennent la norme plutôt que l'exception.

Le message envoyé aux passeurs

Car il y a un calcul derrière cette dispersion. Ceux qui filent du poste-frontière le savent : une fois noyés dans la masse, une fois entrés sur le territoire espagnol, le risque d'expulsion chute drastiquement. Les procédures s'éternisent, les assignations à résidence ne sont pas suivies, et l'Europe, dans son laxisme bureaucratique bienveillant, finit par régulariser au nom de l'humanitaire ce qu'elle n'a su empêcher au nom de la loi. Les passeurs le savent. Les candidats à l'exil le savent. Seuls les gouvernements feignent de l'ignorer.

L'Espagne n'est pas seule en cause. Ce qui se joue à Ceuta concerne l'ensemble du continent. Mais le spectacle de forces de l'ordre impuissantes, de frontières matérielles franchies en quelques minutes par des cohortes déterminées, envoie un signal désastreux. Il dit que l'entrée illégale paie. Que l'affrontement de masse fonctionne mieux que la demande individuelle. Que l'État de droit, confronté à la pression démographique, plie puis rompt.

L'été européen s'annonce chaud

Cet épisode intervient alors que la France peine encore à éteindre les feux de forêt qui ravagent la Gironde, mobilisant des renforts jusqu'au fin fond de la Lozère. Deux urgences, deux réponses étatiques. Contre les flammes, des moyens massifs, une solidarité de territoire, des hommes qui courent vers le danger. Contre les flux migratoires, des postures, des communiqués, des frontières qui s'ouvrent comme des rideaux de théâtre. Le contribuable européen finance les deux. Il constate, lui, que l'un des deux combats semble déjà perdu d'avance.

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