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Justice

Gironde : trois hommes, dont deux mineurs, incarcérés pour le viol en réunion d'une adolescente filmée à Saint-Seurin-sur-l'Isle

Par Rudy Levasseur

Trois hommes, dont deux mineurs, ont été mis en examen et placés en détention provisoire après le viol en réunion d'une jeune fille de 16 ans, alcoolisée et filmée, à Saint-Seurin-sur-l'Isle (Gironde) en juin dernier.

Gironde : trois hommes, dont deux mineurs, incarcérés pour le viol en réunion d'une adolescente filmée à Saint-Seurin-sur-l'Isle

Une plainte, une information judiciaire

Les faits remontent au mois de juin, à Saint-Seurin-sur-l'Isle, petite commune du nord de la Gironde. Une jeune fille née en 2010, âgée de 16 ans, a déposé plainte en dénonçant « des faits de viol commis par plusieurs hommes », selon le parquet. Une enquête a été ouverte et confiée à la cellule de lutte contre les atteintes aux personnes (CAPe) de Libourne.

Ce vendredi 25 septembre, une information judiciaire a été ouverte, a confirmé le procureur de la République de Libourne, Loïs Raschel. Les chefs retenus donnent la mesure de l'affaire : viol en réunion, administration à une personne à son insu d'une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes pour commettre un viol ou une agression sexuelle, captation en vue de sa diffusion d'image à caractère pornographique de mineur et diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique.

Trois incarcérations, jusqu'à dix personnes impliquées

Trois hommes, un majeur et deux mineurs, ont d'ores et déjà été mis en examen et placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du parquet. Selon une source proche de l'enquête citée par Sud Ouest, jusqu'à dix personnes pourraient être impliquées. Les individus auraient fait boire leur victime avant de se filmer durant ce que les enquêteurs décrivent comme une « tournante ».

Le placement en détention provisoire de deux mineurs n'est pas une décision anodine : le juge des libertés ne l'ordonne que lorsque la gravité des faits et les risques (pression sur la victime, concertation entre mis en cause, réitération) la rendent indispensable. Que la justice l'ait jugé nécessaire ici en dit long sur la nature du dossier.

Le viol filmé, une barbarie devenue rituelle

Au-delà du viol lui-même, c'est la mise en scène qui frappe : alcooliser une adolescente pour briser sa résistance, abuser d'elle à plusieurs, filmer, puis diffuser les images. Chaque étape répond à une logique de domination que la captation vidéo vient encore aggraver, transformant l'agression en trophée et la victime en spectacle permanent.

Ce mécanisme n'est malheureusement pas isolé. Depuis plusieurs années, les affaires de viols en réunion filmés et propagés sur les réseaux sociaux se multiplient, souvent avec des auteurs très jeunes. La question n'est plus seulement répressive : c'est celle de la formation d'adolescents capables d'une telle entreprise collective, où aucun des participants ne semble avoir fait barrage. Quand dix personnes peuvent être impliquées dans le viol d'une mineure de 16 ans sans que l'une d'elles y mette fin, le problème dépasse largement le seul champ judiciaire.

Une justice qui devra être à la hauteur

Sur le plan pénal, l'arsenal existe : le viol en réunion sur mineure est un crime passible de la cour d'assises pour le majeur, et l'administration de substance constitue une circonstance aggravante à part entière. L'enquête, qui se poursuit pour identifier d'éventuels autres participants, dira si la chaîne entière des responsabilités sera établie, y compris pour ceux qui ont diffusé les images.

C'est là que se jouera la crédibilité de la réponse publique. Dans ce type d'affaire, les victimes et leurs familles jugent la justice sur deux points : l'exhaustivité des poursuites et la fermeté des peines. Pour les mineurs mis en cause, le droit pénal des mineurs prévoit l'atténuation de l'excuse de minorité ; il appartiendra aux juges d'apprécier si des jeunes capables d'alcooliser une adolescente, de la violer à plusieurs et de diffuser le film méritent de bénéficier pleinement de cette présomption de discernement diminué. La suite de la procédure, instruite à Libourne, sera suivie de près.

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