Il n'y a pas de titre ni d'accroche textuelle visible sur cette image. L'image montre quatre personnes dans la rue tenant deux drapeaux (palestinien et algérien), mais aucun texte de créative d'actual
Par Clarence Azolina
Née en Île-de-France, la mobilisation lycéenne contre le manque de moyens s'est étendue à de nombreuses villes ce mercredi, avec des blocages, des incendies et des jets de projectiles contre les forces de l'ordre.

La colère ne redescend pas. Née en région parisienne ces dernières semaines, la mobilisation des lycéens continue de prendre de l'ampleur et s'est exportée dans la plupart des grandes villes de France. Au lendemain de la journée de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, plusieurs lycées ont fait l'objet de blocages ou de tentatives de blocage ce mercredi 30 septembre, avec des tensions et des heurts aux abords d'établissements à Lyon, Lille, Saint-Denis, Bordeaux ou encore Rennes, rapporte Yahoo Actualités avec AFP.
Poubelles incendiées, abribus cassés, projectiles lancés
Le motif affiché : le manque de moyens dans l'Éducation nationale. Mais sur le terrain, la revendication prend rapidement des allures d'émeute urbaine. Pour faire entendre leur mécontentement, des lycéens n'hésitent pas à mettre le feu à des barricades bricolées à la hâte. À Lyon, les blocus ont débouché sur la dégradation de mobilier urbain et des jets de projectiles en direction des forces de l'ordre. Au lycée Martinière-Diderot, des poubelles et des branchages ont été incendiés et un abribus cassé. À Bordeaux, des feux ont dégradé plusieurs bâtiments, notamment autour du lycée Gustave Eiffel. À Strasbourg, les pompiers sont intervenus pour éteindre des incendies.
La réponse policière n'a pas tardé : selon la préfecture, quatorze interpellations avaient eu lieu à midi ce mercredi à Lyon. Un chiffre qui dit assez la nature du mouvement : quand une mobilisation scolaire impose un tel déploiement des forces de l'ordre, c'est qu'elle a cessé d'être un débat sur les moyens pour devenir une affaire de sécurité publique.
Wauquiez sur le terrain, le message de fermeté
Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes, s'est rendu dès ce matin au lycée Martinière-Diderot, théâtre des dégradations. « Qu'il y ait un mouvement lycéen, c'est parfaitement normal. Qu'il y ait des casseurs, c'est inacceptable et on ne le laissera pas faire », a-t-il déclaré.
La distinction vaut son pesant d'or. Elle rappelle une évidence que la séquence risquait de brouiller : le droit de manifester n'est pas un blanc-seing pour brûler, casser et s'en prendre aux policiers. En se déplaçant sur place, Wauquiez assume une posture de fermeté qui tranche avec l'hésitation ambiante qui accompagne souvent ce type de séquences. Reste à savoir si les mots seront suivis de suites judiciaires à la hauteur, car c'est bien là que l'autorité publique se mesure : non dans les déclarations matinales, mais dans le traitement des quatorze interpellés et de ceux qui suivront.
Une contestation qui alimente sa propre spirale
L'Union syndicale lycéenne, principale organisation du mouvement, a appelé à poursuivre le mouvement jeudi. Ce choix mérite d'être interrogé. À ce stade, qui profite des images de barricades enflammées et d'abribus détruits ? Pas aux lycéens qui réclament des moyens : chaque poubelle brûlée érode un peu plus la légitimité de leur cause et offre aux plus violents un terrain de jeu commode. Les mouvements lycéens ont toujours été des proies faciles pour des groupes qui n'ont que faire des budgets de l'Éducation nationale mais tout à gagner du désordre.
La question de fond, le financement réel des lycées, mérite sans doute mieux que ce mode d'expression. Elle se règle dans le débat budgétaire et démocratique, pas au coin d'un feu de palettes. En appelant à la poursuite du mouvement sans s'interroger sur ses débordements, l'Union syndicale lycéenne prend le risque de voir la revendication initiale se dissoudre dans les cendres des barricades. Et les contribuables, qui paieront les réparations, de mesurer une fois de plus le coût de ces journées où l'ordre public se négocie rue par rue.
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