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Orléans : le magasin JD Sport de la rue de la République pillé en marge de la manifestation lycéenne

Par Roman Thill

La boutique JD Sport du centre-ville d'Orléans a été vandalisée et pillée jeudi 1er octobre, en marge des manifestations lycéennes qui ont aussi vu une proviseure agressée à Ingré et plusieurs interpellations.

Orléans : le magasin JD Sport de la rue de la République pillé en marge de la manifestation lycéenne

Une boutique de sport dévalisée au cœur d'Orléans, une proviseure transportée au CHU après avoir été frappée au visage, des interpellations devant les établissements scolaires : la journée de mobilisation lycéenne du jeudi 1er octobre a sérieusement dérapé dans le Loiret. Selon La République du Centre, le magasin JD Sport, situé au 19, rue de la République, dans l'hypercentre orléanais, a été « une nouvelle fois » la cible de vandales et de pilleurs dans la matinée, en marge du cortège lycéen.

Un pillage qui ne relève plus du débat scolaire

Le fait est simple et mérite d'être posé sans fard : quand des jeunes, souvent cagoulés, brisent la vitrine d'un commerce et repartent avec des marchandises, on ne parle plus de revendication mais de délinquance. Le vol de baskets dans un centre-ville n'a pas de cause politique, quels que soient les efforts de ceux qui tentent toujours d'habiller les violences d'un prétexte social.

La formulation du quotidien local est en elle-même significative : la boutique a été visée « une nouvelle fois ». Ce n'est donc pas un accident, pas un débordement imprévisible, mais un point de chute connu, répétitif. Chaque manifestation lycéenne devient, pour une frange de casseurs, une opportunité de pillage planifié. Et chaque fois, ce sont des commerçants qui paient les vitrines brisées, les stocks envolés, les journées de chiffre d'affaires perdues, sans qu'aucune voix syndicale ou politique ne vienne sincèrement s'en émouvoir.

Une journée de violences dans tout le département

L'incident de la rue de la République ne constitue qu'un épisode d'une journée particulièrement tendue dans le Loiret. La République du Centre rapporte en parallèle de graves désordres aux abords des lycées du département : la proviseure du lycée Genevoix, à Ingré, a été frappée au visage et transportée au CHU d'Orléans. Plusieurs interpellations ont également eu lieu devant le lycée Charles-Péguy, à Orléans, tandis que des établissements ont dû fermer et qu'une forte présence policière a été déployée.

Qu'une cheffe d'établissement finisse à l'hôpital pour avoir tenté de tenir son lycée devrait, à lui seul, fixer le ton du débat public. On attendrait de la part des organisations lycéennes et de leurs relais politiques une condamnation nette, sans périphrase ni « contexte ». Difficile de ne pas noter que ces condamnations arrivent rarement avec la même vigueur que les appels à manifester.

Le phénomène dépasse d'ailleurs la seule région Centre-Val de Loire : le même jour, à Maubeuge, dans le Nord, les manifestations lycéennes ont viré à l'émeute et à l'affrontement, selon L'Observateur. Le schéma se répète d'une ville à l'autre : mobilisation annoncée, débordements, casse, affrontements avec les forces de l'ordre.

La responsabilité de ceux qui encadrent mal

Qu'on soit clair : les lycéens qui défilent pacifiquement ont le droit de le faire, et toute la jeunesse ne se résume pas aux cagoulés de la rue de la République. Mais une question s'impose, que la gauche syndicale et politique préfère esquiver : qui organise ces mobilisations, et avec quel encadrement ? Lorsque des mineurs sont mis en cortège au cœur des villes sans service d'ordre sérieux, on sait exactement ce qui se produit. Les casseurs se greffent, les plus jeunes suivent par mimétisme, et la journée se solde par des vitrines et des visages abîmés.

La réponse attendue n'est pas l'interdiction de manifester, elle est la responsabilisation : identification et poursuite des pilleurs, sanctions effectives, et exigence faite aux organisations qui mobilisent des mineurs d'assumer la sécurité de leurs cortèges. Tant que le pillage d'un commerce de centre-ville sera traité comme un dommage collatéral banal de la « colère lycéenne », il se reproduira, manifestation après manifestation. Le JD Sport d'Orléans en sait déjà quelque chose : ce n'était pas sa première fois. Sans changement de doctrine, ce ne sera pas la dernière.

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