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Éric Dupond-Moretti face à Pascal Praud : quand l'ancien garde des Sceaux promet de lui « mettre le compte » dans la rue

Par Clarence Azolina

Invité des « Grandes gueules » sur RMC ce mercredi 7 octobre, Éric Dupond-Moretti a de nouveau visé Pascal Praud et CNews, affirmant qu'il « met le compte » au journaliste lorsqu'il le croise dans les rues de Paris.

Éric Dupond-Moretti face à Pascal Praud : quand l'ancien garde des Sceaux promet de lui « mettre le compte » dans la rue

La passe d'armes n'en finit plus. Invité ce mercredi 7 octobre des « Grandes gueules » sur RMC, aux côtés de Roselyne Bachelot, Éric Dupond-Moretti a consacré une partie de son passage à une cible récurrente : Pascal Praud et la chaîne CNews. L'ancien garde des Sceaux, qui co-signe avec l'ancienne ministre de la Culture le livre Décidément non ! Le RN : Ce que nous ne pouvons pas taire, paru chez Plon, a choisi la métaphore pugilistique pour régler ses comptes : « Enfin, quand je le rencontre dans les rues à Paris, je lui mets le compte et je vous garantis qu'il ne sort pas vainqueur de l'échange », a-t-il lancé, rapporte TV Magazine.

Un vocabulaire de combat de rue pour un ancien ministre de la Justice

La formulation n'est pas anodine. Comme le note TV Magazine, où Booba et Kaaris évoquaient l'« octogone » des arts martiaux mixtes, l'ancien ténor du barreau préfère « mettre le compte ». Reste une question de fond : qu'un homme qui a occupé la place Vendôme, gardien de l'institution judiciaire, se flatte de remporter des échanges dans la rue plutôt qu'en plateau, en dit long sur l'état du débat public. D'autant que Pascal Praud ne lui a jamais fermé sa porte. En septembre 2025, dans « L'Heure des pros », le journaliste déclarait : « Je n'ai rien contre monsieur Dupond-Moretti, qu'il vienne demain matin. On a basculé dans l'irrationnel. Le succès de CNews rend tout le monde un peu fou. »

Car c'est bien là le nœud de l'affaire : Éric Dupond-Moretti refuse de débattre sur CNews, malgré les invitations de la chaîne, tout en se targuant de dominer le journaliste hors antenne. « Pascal Praud dit que je n'ai pas de courage parce que je ne viens pas dans son émission », a-t-il reconnu sur RMC, avant d'assurer : « Il ne faudrait pas fermer CNews, mais on peut dénoncer et on est libre d'y aller ou pas. » Une liberté qu'il exerce donc en refusant la confrontation contradictoire, tout en revendiquant la victoire dans la rue. Difficile d'y voir autre chose qu'une esquive : le débat filmé, retransmis, soumis au regard des téléspectateurs, présente visiblement plus de risques que la joute verbale sans témoins.

L'obsession CNews, symptôme d'un succès qui dérange

L'attaque ne sort pas de nulle part. Dans leur ouvrage, Éric Dupond-Moretti et Roselyne Bachelot dénoncent ce qu'ils qualifient de « médias vendus et achetés », en citant nommément CNews. « Marine Le Pen parlait de CNews en disant “c'est ma chaîne”, on ne peut pas faire mieux », a argumenté l'ancien garde des Sceaux sur RMC. Sur RTL, il était allé plus loin encore, estimant que Pascal Praud « fait appel aux quatre ou cinq fachos qui sont autour de lui et qui sont grassement payés pour confirmer ses propos. Voilà ce qu'est devenue CNews. »

Le qualificatif de « fachos », jeté à l'emporte-pièce sur des contradicteurs rémunérés, pose un vrai problème de méthode. Car si l'on applique cette grille à tous les plateaux, que dira-t-on des chaînes et radios où les invités de droite sont quasi absents ? CNews est une chaîne privée, financée par des fonds privés, qui a bâti son audience en accueillant des intervenants de tous bords, y compris de gauche. Son succès, Pascal Praud l'a souligné lui-même, semble être la véritable offense. On peut d'ailleurs se demander ce que cherche le duo Dupond-Moretti-Bachelot : dénoncer une chaîne qui cartonne, en pleine promotion d'un livre contre le Rassemblement national, ressemble fort à une stratégie où le procès en « irrationnel » sert de vitrine commerciale. Plus on diabolise CNews et le RN, plus on parle du livre.

Le deux poids, deux mesures du pluralisme

Il y a aussi, dans cette croisade, une aveuglante asymétrie. Les contempteurs de CNews s'émeuvent rarement de la ligne éditoriale de certaines antennes du service public, financées par la redevance de tous les contribuables, où la diversité des opinions de droite tient parfois de la rareté. Exiger le pluralisme d'une chaîne privée qui attire les téléspectateurs parce qu'elle offre ce que les autres ne donnent plus, tout en ménageant des médias publics idéologiquement balisés, voilà qui fragilise sérieusement la démonstration.

Le principal intéressé, Pascal Praud, n'a pour l'heure ni répondu à l'affront ni relevé le gant. Sagesse, sans doute : face à un ancien ministre qui confond la rue et le prétoire, le plateau d'« L'Heure des pros » reste ouvert. C'est là, devant les Français, que les échanges ont vocation à se départager.

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