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Querelle Aphatie-CNews : Éric Naulleau et Eliot Deval ironisent sur une vidéo présumée de l'éditorialiste

Par Roman Thill

Invité d'Eliot Deval sur CNews, Éric Naulleau a raillé l'« obsession » que Jean-Michel Aphatie lui vouerait, sur fond de vidéo présumée montrant l'éditorialiste dans un club échangiste. Une passe d'armes de plus dans un conflit ancien.

Querelle Aphatie-CNews : Éric Naulleau et Eliot Deval ironisent sur une vidéo présumée de l'éditorialiste

La guerre des égos médiatiques a connu un nouvel épisode sur CNews. Invité de l'émission d'Eliot Deval, le chroniqueur Éric Naulleau s'est livré à une charge en règle contre Jean-Michel Aphatie, ex-éditorialiste de RTL aujourd'hui chroniqueur dans Quotidien sur TMC. Contexte particulier : une vidéo présumée, largement relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle un utilisateur affirme avoir aperçu le journaliste dans un club échangiste. De quoi faire les délices des internautes, qui n'ont pas manqué de railler le donneur de leçons professionnel.

« Cet homme a développé une obsession pour moi »

C'est Eliot Deval qui a ouvert les hostilités, confiant à son invité scruter ses messages chaque semaine, avant d'évoquer les « amabilités » échangées entre Naulleau et Aphatie. Le chroniqueur, ancien complice d'Éric Zemmour dans Zemmour et Naulleau sur Paris Première, a aussitôt retourné la situation : « Cet homme a développé une obsession pour moi », a-t-il lancé, se demandant s'il ne s'agissait pas d'un « amour mal exprimé ». Le présentateur a embrayé : « Il peut exprimer son amour différemment, peut-être. » Naulleau a alors glissé, en référence transparente à la rumeur du moment : « Je sais, il paraît qu'il lui arrive d'exprimer son amour de manière très vive. » « En toute liberté », a ajouté Deval, avant de conclure l'échange sur la métaphore de la veste retournée.

L'exercice relève évidemment du règlement de comptes télévisé, et l'on peut regretter que le débat public se nourrisse désormais de sous-entendus de comptoir. Mais il faut reconnaître une chose aux deux hommes : leur cible n'est pas innocente dans cette escalade. Jean-Michel Aphatie a bâti une partie de sa notoriété récente sur la dénonciation systématique de CNews, de ses animateurs et de sa ligne éditoriale. À force de faire de la chaîne son adversaire attitré, il s'expose mécaniquement au retour de bâton.

Un conflit qui dure depuis des années

L'affaire ne date pas d'hier. Fin décembre 2023, l'éditorialiste avait raillé sur X le conte de Noël de Philippe de Villiers diffusé sur CNews dans une émission d'Eliot Deval, y voyant « une niaiserie majeure » dont la chaîne paraissait « fière ». Le présentateur lui avait consacré un édito à l'antenne le 25 décembre, lui lançant : « Jean-Michel Aphatie, vous aviez fait la promesse de quitter Twitter. Respectez votre parole. » Pascal Praud et Éric Naulleau s'étaient joints à la bataille sur le réseau social. La réponse d'Aphatie n'avait pas tardé : « Avec Cnews et Eliot Deval c'est l'élégance à tous les étages. »

Leçons de morale et vie privée

Reste la question de fond que soulève, malgré sa forme douteuse, cette vidéo présumée. Jean-Michel Aphatie s'est posé depuis des années en gardien de la déontologie journalistique et en critique infatigable des mœurs supposées de la droite et de l'extrême droite médiatiques. Que sa vie privée soit son affaire, personne ne le conteste : le libertinage entre adultes consentants ne regarde personne. Mais il y a une leçon classique, et toujours actuelle, dans ce type d'affaire : celui qui fait de la morale publique son fonds de commerce doit s'attendre à ce que le moindre écart entre le discours et la pratique soit scruté, commenté, exploité. C'est la rançon de la posture.

Quant à CNews, la chaîne joue visiblement à fond la carte de l'anti-Aphatie, devenu une sorte de repoussoir commode fédérant ses chroniqueurs. Stratégie payante à court terme en termes de buzz, mais qui risque à la longue d'enfermer la chaîne dans des disputes de cour de récréation plutôt que dans le débat d'idées qu'elle prétend incarner. Des deux côtés, la surenchère personnalisée fait perdre de vue l'essentiel : ce que chacun a réellement à dire.

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