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Prisca Thevenot surnommée « La Paki » : des propos attribués à Emmanuel Macron embarrassent la majorité

Par Rudy Levasseur

Selon le média L'Infiltré, Emmanuel Macron aurait surnommé Prisca Thevenot « La Paki » alors que l'ex-porte-parole intervenait à la télévision pour soutenir la campagne de Gabriel Attal. Plusieurs députés de la majorité réclament un démenti de l'Élysée.

Prisca Thevenot surnommée « La Paki » : des propos attribués à Emmanuel Macron embarrassent la majorité

La macronie découvre, à ses dépens, ce que la politique de couloir produit quand elle devient politique de caniveau. Selon une information rapportée par le média L'Infiltré, Emmanuel Macron aurait surnommé Prisca Thevenot, députée Ensemble et ancienne porte-parole du gouvernement, « La Paki », comprendre « Pakistanaise », en raison de sa couleur de peau. La scène présumée se serait déroulée alors que l'élue intervenait en duplex à la télévision pour promouvoir la campagne de Gabriel Attal, son ancien Premier ministre, désormais candidat déclaré à la présidentielle de 2027. L'information émanerait d'un témoin direct de la scène, selon le second numéro de L'Infiltré, publié ce mercredi 7 octobre.

Une majorité qui réclame un démenti

La réaction des troupes présidentielles ne s'est pas fait attendre, et elle en dit long sur l'état de nervosité du camp. Violette Spillebout, députée du Nord et porte-parole de la campagne de Gabriel Attal, a déclaré sur X qu'elle « n'imagine pas que de tels mots puissent avoir été tenus réellement », réclamant « un démenti rapide » pour « ne jamais laisser passer le racisme, l'antisémitisme, la discrimination ». Même tonalité chez Julie Delpech, députée Ensemble de la Sarthe : « J'espère qu'ils sont faux et qu'un démenti sera rapidement apporté ».

Le réflexe est révélateur. Plutôt que de défendre spontanément le chef de l'État, les élus de la majorité demandent à l'Élysée de se défendre lui-même, et vite. Cette précaution rhétorique, « j'espère », « je n'imagine pas », traduit moins une certitude qu'une inquiétude : après tant d'années de formules à l'emporte-pièce prêtées au Président, plus grand monde, dans son propre camp, n'ose jurer que l'accusation est impossible.

Un contexte qui donne du crédit à l'indiscrétion

Car cette révélation ne tombe pas du ciel. Elle s'inscrit dans une séquence documentée par la presse, celle des « sarcasmes » de l'entourage présidentiel envers la campagne de Gabriel Attal. L'Élysée se moquerait ouvertement de la course à 2027 de son ex-Premier ministre, en particulier de sa tournée des « mille bistrots », une opération de proximité qui n'a visiblement pas séduit les foules. Le dédain du locataire de l'Élysée pour les ambitions de ses anciens protégés n'est plus un secret pour personne.

Ce qui frappe, au-delà de la formule elle-même, c'est la cohérence du tableau. Le macronisme s'était construit en 2017 sur la promesse d'une politique nouvelle, bienveillante, débarrassée des vieilles manies. Neuf ans plus tard, le même mouvement se déchire à coups de petites phrases, et ce sont ses propres députés qui brandissent l'accusation de racisme contre le sommet de l'État. La « révolution » des mœurs politiques aura donc accouché de cela : un entourage qui surnomme, des élus qui supplient, et un président empêché de se représenter qui semble surtout occupé à neutraliser ses successeurs potentiels.

L'attaque d'Attal, vraie cible de l'affaire ?

Le détail mérite attention : Prisca Thevenot aurait été visée alors qu'elle faisait campagne pour Gabriel Attal. Difficile, dès lors, d'y voir une simple plaisanterie déplacée. Le propos, s'il est avéré, vise autant l'ancienne porte-parole que le candidat dont elle porte la parole. Cette séquence confirme ce que beaucoup d'observateurs pressentaient : entre le Président sortant et son ancien locataire de Matignon, la guerre est déclarée, et elle se mène par fuites interposées.

Reste une question concrète, que l'opposition serait bien avisée de poser : l'Élysée démentira-t-il, et avec quels moyens ? Un simple communiqué ne suffira sans doute pas à éteindre une affaire qui touche au racisme supposé d'un chef d'État. À droite, où l'on n'a jamais eu tendance à excuser les dérapages présidentiels, on jugera sur pièces : soit la rumeur est fausse et le démenti doit être ferme et documenté, soit elle est vraie et elle confirmerait un mépris des personnes qui ferait tache, même chez ceux qui ne votent plus pour Emmanuel Macron depuis longtemps.

En attendant, la majorité vit une drôle de fin de règne : ses députés passent plus de temps à demander des démentis qu'à défendre un bilan. Et chaque indiscrétion venue du sérail rappelle que la première faille du macronisme n'est ni l'extrême gauche ni l'extrême droite, mais bien le macronisme lui-même.

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