Gabriel Attal visite l'usine Gavottes pour sa campagne, au plus bas dans les sondages
Par Dimitri Scudo
Le secrétaire général de Renaissance a visité vendredi 30 octobre l'usine de crêpes dentelle Gavottes, à Lanvallay, près de Dinan, au premier jour d'une tournée bretonne de campagne pour la présidentielle de 2027.
Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance et prétendant à l'Élysée en 2027, a visité vendredi 30 octobre l'usine de biscuits Gavottes, à Lanvallay, près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor. La visite ouvrait un déplacement de deux jours en Bretagne consacré à l'économie, à l'innovation et à la jeunesse, avec une réunion publique le soir même à Lamballe-Armor et, le lendemain, une exploitation agricole et le village de la Route du Rhum à Saint-Malo.
Une tournée bretonne en forme d'album photo
Le programme diffusé la veille tenait de la carte postale. Vendredi, 16 heures : les crêpes dentelle de Lanvallay. Samedi, 11 heures : une exploitation agricole à Maroué. Puis 13 h 30, rencontre avec des skippers à Saint-Malo, et 15 heures, « déambulation » dans le village de la Route du Rhum. Les échanges avec les maires et la séquence à la Cooperl, consacrée à la réutilisation de l'eau, se tenaient hors presse.
Le partage est instructif. Ce qui pouvait nourrir une réflexion sur l'eau et l'industrie agroalimentaire se déroulait sans caméra, ce qui se photographie bien se déroulait devant elles. L'usine et la ferme servent ainsi de décor à un candidat qui cherche encore son public, entre deux voiliers.
Gabriel Attal, au plus bas dans les sondages
Ce public, justement, se fait attendre. Dans les sondages publiés en octobre qui le mettent en concurrence avec Édouard Philippe, Gabriel Attal recueille entre 4 et 7 % des intentions de vote au premier tour, quand le maire du Havre en obtient de 10 à 13 %. Marine Le Pen y oscille entre 31 et 36 %, Jean-Luc Mélenchon autour de 16 %.
L'image ne rattrape pas les chiffres. Dans l'Observatoire politique d'Elabe d'octobre, l'ancien Premier ministre n'arrive qu'en cinquième position, avec 25 % de bonne image, loin de Jordan Bardella et de Marine Le Pen, à 37 % chacun, et derrière Édouard Philippe, qui gagne 4 points à 30 %. Même chez les électeurs d'Emmanuel Macron, son rival le devance, 70 % contre 61 %.
Un parcours sans établi ni chaîne de production
La visite d'usine est un exercice convenu de campagne. Il prend une saveur particulière chez Gabriel Attal, dont le parcours ne doit rien à l'atelier. Né en 1989 à Clamart, diplômé de Sciences Po, il entre à 23 ans au cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé, devient député des Hauts-de-Seine à 28 ans et secrétaire d'État l'année suivante.
Suivent le porte-parolat du gouvernement, les Comptes publics, l'Éducation nationale, puis Matignon de janvier à septembre 2024, à 34 ans. Une carrière entière passée dans les cabinets, l'hémicycle et les ministères, ce qui n'est pas un crime, mais rend la visite d'atelier un peu plus exotique. Gabriel Attal découvre la chaîne de production comme d'autres découvrent la Bretagne : en visite.
Le salaire médian à 3 000 euros, promis entre deux crêpes
Sur le fond, Renaissance défend une « nouvelle donne » économique et climatique : un « choc de productivité », la simplification des normes, aucune hausse de l'impôt sur les entreprises, une nouvelle baisse des impôts de production, et l'objectif de porter le salaire médian de 2 000 à 3 000 euros par mois. Le projet prévoit aussi des « mini-Singapour », zones d'innovation verte à la réglementation assouplie.
Le même programme propose d'expérimenter la semaine de quatre jours. L'annonce d'un choc de productivité couplé à une journée de travail en moins, faite dans une usine qui tourne, ne manque pas d'audace. Le parti d'Emmanuel Macron, au pouvoir depuis 2017, découvre en outre qu'il serait bon d'augmenter les salaires et d'alléger les normes, deux chantiers qu'il a eu neuf ans pour mener.
Les Gavottes, fabriquées depuis plus d'un siècle, ont fait leur réputation sur une qualité simple : elles sont fines, légères et se brisent au premier choc. Gabriel Attal tenait sa réunion publique à Lamballe-Armor le soir même, à 19 h 30.
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