Pyrénées-Orientales : ils dépouillaient les morts et revendaient leurs bijoux sur Leboncoin
Deux employés de pompes funèbres ont été condamnés à trois ans de prison pour avoir volé des objets de valeur au domicile de défunts, avant de revendre leur butin sur Leboncoin.

Voilà un métier qui, décidément, n'attire pas que des vocations. Dans les Pyrénées-Orientales, deux employés d'une entreprise de pompes funèbres viennent d'être condamnés à trois ans de prison pour un trafic d'un cynisme rare : ils faisaient main basse sur les objets de valeur au domicile des défunts, puis écoulaient tranquillement leur butin sur Leboncoin. Bagues, colliers, montres. Tout y passait.
Des croque-morts qui croquaient dans les économies des familles
Le procédé était d'une simplicité biblique. Mandatés pour s'occuper des corps, les deux hommes profitaient de leur accès aux domiciles des disparus pour fouiller les tiroirs avant que les héritiers ne mettent le nez dedans. Un abus de confiance qui se payait cash, quelques clics suffisant à transformer une alliance de grand-mère en annonce au meilleur enchérisseur. Leboncoin, success story française aux marges plantureuses, n'y est évidemment pour rien : c'est bien la vénalité de ces deux individus qu'il faut regarder en face.
La justice, pour une fois, a frappé juste. Trois ans de prison, ce n'est pas une tape sur les doigts ni un stage de citoyenneté avec un PS épuisé. C'est une peine qui dit quelque chose de simple : voler les morts, c'est pire que voler les vivants, parce que personne n'est là pour se défendre.
Quand la confiance devient un produit d'appel
Reste une question qui fâche. Comment une entreprise funéraire, un secteur dont toute l'activité repose sur la confiance des familles endeuillées, a-t-elle pu laisser deux de ses salariés piller des domiciles pendant des mois ? Les contrôles internes, la supervision, le suivi des agents : tout cela semble avoir brillé par son absence. On imagine la suite du secteur : des brochures sur la « dignité » et la « bienveillance », rédigées par un cabinet de communication.
Car c'est bien là le cœur de l'affaire. Au moment où une famille vient de perdre un proche, elle ouvre sa porte à des professionnels censés l'accompagner. Ces deux-là y voyaient une opportunité de revente. Des pilleurs de maisons de deuil, voilà le terme exact.
Quant aux familles spoliées, elles récupéreront peut-être une partie de leurs biens. Mais la tranquillité volée au moment du deuil, elle, ne se rachète pas sur une annonce en ligne. La justice a fait son travail. À la profession de faire le ménage dans ses rangs, et vite, avant qu'un autre croque-mort ne transforme un enterrement en vide-greniers clandestin.
Suite


