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Justice

Khalid Dati, neveu de Rachida Dati, écope de trois ans de prison ferme pour trafic d'armes à Goussainville

Par Dimitri Scudo

Le tribunal correctionnel de Pontoise a condamné jeudi Khalid Dati, neveu de l'ancienne garde des Sceaux, à trois ans de prison ferme pour détention et transport d'armes à feu dans le Val-d'Oise.

Khalid Dati, neveu de Rachida Dati, écope de trois ans de prison ferme pour trafic d'armes à Goussainville

Le verdict est tombé jeudi soir au tribunal correctionnel de Pontoise. Khalid Dati, 28 ans, neveu de l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, a été condamné à trois ans de prison ferme pour détention et transport d'armes à feu dans le cadre d'un trafic remontant à avril 2021, à Goussainville, dans le Val-d'Oise. L'information, révélée par Le Parisien, a été confirmée dans la foulée.

Le jeune homme comparaissait aux côtés de deux autres prévenus, âgés de 26 et 27 ans. Le tribunal a rendu des décisions contrastées : l'un des co-prévenus a été relaxé, le second a écopé de 36 mois de prison, dont un an ferme. C'est donc Khalid Dati qui écope de la peine la plus lourde du dossier.

Un casier qui pèse lourd dans la balance

Ce différentiel de traitement s'explique en grande partie par le passé judiciaire du principal prévenu, largement déroulé à l'audience. Son casier comporte déjà douze condamnations : vols, violences, infraction routière, et même des faits qualifiés de traite des êtres humains. À 28 ans, un tel palmarès pose une question que la droite ne cesse de soulever : combien de passages devant un juge faut-il avant que la réponse pénale ne soit à la hauteur de la récidive ?

La procédure n'est d'ailleurs pas close pour lui. En mai dernier, Khalid Dati a été mis en examen dans une autre affaire, cette fois pour des faits de vol en bande organisée. Incarcéré depuis 2022, il a expliqué au tribunal que son parcours avait « progressivement basculé » après une première affaire. Sa date de sortie est actuellement fixée à 2042, selon les éléments évoqués à l'audience : un horizon qui dit assez l'accumulation des peines et des procédures.

Un nom qui n'a pas protégé, mais qui pèse en détention

Fait notable : le nom de famille n'a visiblement joué aucun rôle atténuant dans le jugement. On peut s'en réjouir au nom de l'égalité devant la loi, tout en observant que ce principe, trop souvent invoqué quand il s'agit de personnalités ou de leurs proches, trouve ici une application concrète. La justice a jugé un multirécidiviste, pas un neveu de ministre.

En revanche, ce nom pèse lourd derrière les barreaux. Khalid Dati a affirmé devant le tribunal être placé à l'isolement par l'administration pénitentiaire, qui entend le protéger en raison de sa parenté. Une mesure de précaution qu'il dit subir : « Je suis à l'isolement car l'administration pénitentiaire veut me protéger à cause de mon nom. Mais je ne veux pas, je préfère être avec les autres », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés de l'audience.

Ce que cette affaire dit du débat pénal

Au-delà du fait divers, ce dossier illustre frontalement le débat sur la récidive que la droite porte depuis des années. Douze condamnations avant 30 ans, une nouvelle peine ferme, une mise en examen supplémentaire en cours : le parcours de Khalid Dati ressemble trait pour trait à ce que décrivent les partisans des peines planchers et d'une exécution effective des sanctions. L'échelle des peines existe, encore faut-il qu'elle produise un effet dissuasif, ce qui n'a manifestement pas été le cas ici.

Rachida Dati, qui fut garde des Sceaux de 2007 à 2009 et n'est en rien mise en cause dans cette affaire, n'a pas réagi publiquement à cette condamnation. Reste que l'épisode rappelle une évidence que les faits divers répètent à l'envi : la délinquance d'îlot, alimentée par le trafic d'armes qui prospère dans certains quartiers du Val-d'Oise comme ailleurs, ne s'éteint pas avec des peines symboliques. Goussainville n'est qu'un exemple parmi d'autres d'un trafic d'armes devenu banal dans les zones de non-droit, et la fermeté affichée par le tribunal de Pontoise tranche, à ce titre, avec la clémence trop souvent observée dans ce type de dossiers.

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