« Petite tapette zozotante » : insulté par Alain Soral, Jean-Philippe Tanguy réplique et fustige le silence médiatique
Par Rudy Levasseur
Le polémiste Alain Soral a traité le député RN Jean-Philippe Tanguy de « petite tapette zozotante ». L'élu de la Somme a répondu avec fermeté, renvoyant Soral « dans les poubelles de l'Histoire » et s'en prenant à Mediapart.
L'insulte est crue, assumée, et n'a pour l'heure suscité aucun tollé dans les rédactions. Alain Soral s'en est pris publiquement à Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme, en le traitant de « petite tapette zozotante ». Une attaque personnelle homophobe, rapportée notamment par la chaîne L'Œil Politique, qui visait manifestement à discréditer l'élu et à accrocher le RN à une figure depuis longtemps marginalisée du débat public.
Le député n'a pas laissé passer. Sa réponse a été immédiate et sans concession : il a renvoyé Alain Soral « dans les poubelles de l'Histoire » et s'en est pris à ceux qui lui ont offert une caisse de résonance. « J'en veux beaucoup à Mediapart d'avoir redonné de l'écho à Alain Soral qui se trouvait dans les poubelles de l'Histoire », a-t-il écrit sur ses réseaux. Il a aussi souligné le contraste entre un polémiste qui, selon lui, se cache, et un élu qui assume ses responsabilités et fait face sur le terrain.
Le deux poids, deux mesures de l'indignation
Il y a dans cette séquence un enseignement qui dépasse le clash. Qu'un député de la République soit publiquement traité de « tapette » par un polémiste multirécidiviste en matière de provocations, et que l'affaire ne soulève aucune vague d'indignation dans le paysage médiatique, mérite d'être souligné. Les mêmes titres qui consacrent des unes entières à la moindre phrase malheureuse d'un cadre du RN ont ici regardé ailleurs.
Ce silence est d'autant plus frappant que Jean-Philippe Tanguy s'est lui-même déjà élevé contre ce type d'injures. Lors d'un incident survenu lors d'un concert de Barbara Butch, il s'était montré, sur BFMTV, très remonté qu'un commerçant ait été traité de « tapette ». Autrement dit : l'élu dénonce l'insulte homophobe quand elle frappe autrui, et la subit quand elle le vise, sans que personne ne vienne, dans un cas comme dans l'autre, lui donner raison très bruyamment. Difficile d'y voir autre chose qu'un indice de ce que vaut, dans une partie du champ médiatique, la hiérarchie des victimes acceptables.
Pourquoi Soral s'en prend au RN
L'attaque n'a rien d'anodin dans sa cible. Jean-Philippe Tanguy incarne la ligne de fermeté du Rassemblement national face aux tentatives de récupération ou d'association avec des figures marginalisées. Depuis des années, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella travaille à couper les ponts avec la nébuleuse soralienne, précisément parce que cette proximité servait autrefois de repoussoir. En s'en prenant frontalement à un député RN, Soral tente de rouvrir une frontière que le parti a précisément cherché à verrouiller.
La riposte de Tanguy s'inscrit donc dans une stratégie cohérente : aucune complaisance, aucune hésitation, et une contre-attaque immédiate. Politiquement, c'est aussi le choix le plus sûr. Répondre mollement aurait laissé prospérer l'idée d'une porosité entre le RN et l'orbite soralienne ; répondre sèchement réaffirme la distance. Le calcul n'efface pas le fond : quelle que soit la cible, l'injure homophobe reste une injure.
Un député qui ne laisse plus rien passer
Cet épisode s'ajoute à une série de contentieux où Jean-Philippe Tanguy a choisi la confrontation plutôt que l'esquive. Ces derniers mois, le député a porté plainte contre la rapporteure de la commission d'enquête sur les ingérences étrangères, a dénoncé du « n'importe quoi » après avoir été accusé d'avoir fait référence au slogan nazi en employant la formule « le travail rend libre », et a appelé à saisir l'Arcom après qu'un humoriste de France Inter l'eut comparé à « un rat ».
Le procédé est systématique, et il est délibéré. À chaque attaque personnelle, une réplique publique, parfois judiciaire. On peut y voir de la susceptibilité ; on peut surtout y voir la traduction d'un rapport de force nouveau : le RN ne considère plus qu'il doive encaisser en silence ce qui, visant n'importe quel autre parti, ferait les choux gras de l'indignation républicaine. Reste que l'arme a ses limites : multiplier les plaintes et les saisies expose à diluer leur portée, et à donner aux provocateurs l'audience qu'ils recherchent.
En l'espèce, pourtant, la question posée par cette affaire tient en peu de mots : si l'insulte « tapette » est condamnable, elle l'est pour tout le monde, y compris quand elle vise un élu du Rassemblement national. Le silence observé ces derniers jours en dit long sur ceux qui le gardent.
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