Violences sexuelles : Raphaël Glucksmann pris à partie lors d'une manifestation féministe, accusé de récupération électorale
Par Rudy Levasseur
Raphaël Glucksmann, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a été interpellé lors d'une manifestation contre les violences sexuelles organisée par des associations féministes. L'incident a provoqué une salve de réactions politiques, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.

Candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, Raphaël Glucksmann a été interpellé lors d'une manifestation contre les violences sexuelles organisée par plusieurs associations féministes. Sa présence dans le cortège, présentée comme une marque d'engagement pour les droits humains, lui a valu d'être accusé de vouloir capter des voix sur le terrain de la gauche radicale, notamment celles de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. L'incident, survenu alors que la campagne s'intensifie, illustre la difficulté pour les candidats de s'afficher sur des causes sociétales sans susciter le soupçon de récupération.
Une manifestation sous tension politique
La mobilisation visait à alerter l'opinion et les responsables politiques sur l'urgence d'agir face aux violences sexuelles, dont les chiffres, selon les données du ministère de l'Intérieur, suivent une hausse jugée préoccupante ces dernières années. Les associations organisatrices dénoncent le manque de moyens consacrés à la prévention et à l'accompagnement des victimes, et réclament une réforme des institutions judiciaires et policières pour un meilleur traitement des affaires.
C'est dans ce cadre que Raphaël Glucksmann, qui a fait des droits humains un marqueur de son parcours, a choisi de défiler. Sa démarche n'a pas été perçue comme neutre : accusé d'instrumentaliser une cause à des fins électorales, il s'est retrouvé au centre d'une controverse immédiate, certains lui reprochant de vouloir grappiller des électeurs sur la gauche du spectre, là où La France Insoumise s'est longtemps positionnée sur ces thèmes.
Des réactions qui disent les rapports de force
Les réactions politiques ont été rapides et contrastées. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, a critiqué l'attitude de l'eurodéputé, l'accusant de vouloir instrumentaliser une cause noble à des fins électorales. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, a exprimé son soutien à Glucksmann, soulignant l'importance de la lutte contre les violences sexuelles et affichant une forme d'unité de la gauche sur les questions sociétales.
Les autres candidats potentiels se sont également saisis du sujet. Gabriel Attal, pour Renaissance, a proposé un renforcement des dispositifs d'accompagnement des victimes, avec notamment l'augmentation des centres d'accueil spécialisés. Édouard Philippe, pour Horizons, a mis l'accent sur la prévention et l'éducation à la non-violence dès le plus jeune âge. Signe que la question s'impose désormais dans tous les programmes.
Le piège de la visibilité sociétale
L'affaire pose une question de fond pour la stratégie de Raphaël Glucksmann. Sa candidature repose en partie sur l'idée de dépasser les clivages traditionnels de la gauche, et notamment de s'adresser à un électorat insoumis déçu ou disponible. Mais chaque apparition sur un terrain sociétal revendiqué par La France Insoumise l'expose à la même accusation : celle du parachutage électoral. Le soutien affiché de Mélenchon dans cette séquence est à double tranchant : il légitime la démarche, tout en rappelant qui domine symboliquement ce terrain.
Il y a aussi une contradiction plus générale dans l'exercice. Les candidats sont sommés de se positionner sur les violences sexuelles, devenues un thème incontournable de la campagne, mais toute présence physique dans une manifestation est immédiatement lue comme un calcul. Pour un candidat dont la notoriété reste à consolider auprès du grand public, le bénéfice d'une telle visibilité est incertain : il peut aussi bien apparaître comme un engagé sincère que comme un opportuniste venu faire campagne dans un cortège qui ne lui appartient pas.
Reste que les associations, elles, attendent moins des défilés de candidats que des engagements chiffrés : budgets pour l'aide aux victimes, formation des forces de l'ordre, réforme du traitement judiciaire des plaintes. C'est sur ce terrain, et non sur celui des images de manifestation, que la campagne finira par se juger.
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