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Mobilisation du 17 octobre : Laurent Nuñez écarte l'état d'urgence et promet de poursuivre la lutte contre les émeutiers

Par Roman Thill

Samedi 17 octobre, en marge des manifestations qui ont rassemblé 550 000 personnes en France, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que l'état d'urgence ne serait pas décrété, tout en affirmant sa détermination contre les émeutiers et l'ultragauche.

Mobilisation du 17 octobre : Laurent Nuñez écarte l'état d'urgence et promet de poursuivre la lutte contre les émeutiers

En fin de journée, ce samedi 17 octobre, Laurent Nuñez a pris la parole pour dresser le bilan d'une mobilisation nationale émaillée de violences. Près de 550 000 manifestants, dont 110 000 à Paris, ont défilé dans 110 cortèges à travers le pays. En marge de ces rassemblements, des pillages, des incendies et des affrontements avec les forces de l'ordre ont été signalés un peu partout sur le territoire. Face à cette situation, le ministre de l'Intérieur a tranché : pas d'état d'urgence, mais une continuité dans l'action régalienne.

Pas d'état d'urgence : un choix assumé

Interrogé sur la possibilité de recourir à cet outil exceptionnel, Laurent Nuñez a été catégorique : le gouvernement n'y réfléchit « absolument pas ». « On ne déclenchera pas l'état d'urgence. On continuera à faire le travail qui est fait, qui est à la fois un travail de maintien de l'ordre (...) mais surtout un travail de lutte contre des émeutiers, des violences urbaines, avec la détermination qui est la mienne et qui est celle des forces de sécurité intérieure », a-t-il déclaré.

Ce refus peut se lire de deux façons. D'un côté, il traduit la volonté de ne pas céder à la panique ni de donner aux émeutiers la satisfaction d'avoir fait basculer le pays dans un régime d'exception. De l'autre, il engage directement la responsabilité du ministre : si les violences devaient se prolonger, l'argument selon lequel le cadre juridique actuel suffit deviendrait difficilement soutenable. En affirmant que la situation ne l'exige pas, Laurent Nuñez prend le pari que l'outil répressif ordinaire, correctement employé, reste à la hauteur. Ce sera à vérifier dans les faits.

Un bilan lourd pour les forces de l'ordre

Les chiffres communiqués par le ministre donnent la mesure de la journée. Près de 400 personnes ont été interpellées à l'heure de sa prise de parole, « en majorité » des majeurs. Surtout, une soixantaine de membres des forces de sécurité intérieure ont été blessés à travers le pays. « Je pense qu'il y en a plus », a regretté Laurent Nuñez, évoquant notamment deux d'entre eux transportés inconscients à l'hôpital.

Ce bilan rappelle une réalité que le débat public a trop tendance à oublier : derrière chaque manifestation qui dégénère, ce sont des policiers et des gendarmes qui absorbent les projectiles, les cocktails incendiaires et les charges. Soixante blessés en une journée, ce n'est pas un dérapage marginal, c'est le signe d'une violence organisée et assumée par ceux qui la commettent.

L'ultragauche nommément désignée

Le ministre n'a pas cherché de circonvolutions pour identifier les responsables. « On a repéré partout sur le territoire national énormément de militants de l'ultragauche qui étaient présents, qui se constituaient en black blocs, qui entraînaient avec eux un certain nombre de jeunes radicalisés et qui s'en prennent aux forces de l'ordre », a-t-il expliqué. Il a également ciblé les casseurs et les « délinquants opportunistes » qui ont profité du désordre pour piller des commerces. À Grenoble, un immeuble a pris feu dans le centre-ville en marge de la manifestation.

Cette nomination claire de l'ultragauche a le mérite de rompre avec une certaine langue de bois qui, par le passé, préférait évoquer de vagues « individus masqués ». Dire qui sont les fauteurs de troubles, c'est la première condition pour les combattre efficacement. Encore faut-il que cette lucidité verbale se traduise en suites judiciaires : les 400 interpellés de samedi devront être jugés, et non relâchés avec de simples rappels à la loi, sous peine d'alimenter le sentiment d'impunité qui structure précisément la stratégie des black blocs.

La détermination comme doctrine

En refusant l'état d'urgence tout en promettant de poursuivre son travail « tel qu'il est », Laurent Nuñez inscrit son action dans la durée plutôt que dans le coup d'éclat. C'est une posture de fermeté tranquille, qui tranche avec les réactions à chaud souvent réclamées dans l'émotion de telles journées. Mais cette continuité n'aura de sens que si elle produit des résultats mesurables : des interpellations suivies de condamnations, une dissolution effective des groupuscules violents, et une protection réelle des commerces et des bâtiments publics pris pour cible. À droite, on jugera le ministre sur ces résultats, non sur ses déclarations.

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