Face aux syndicats de pompiers, Laurent Nuñez promet : "l'heure est désormais à l'action"
Par la rédaction Le Rempart
Le ministre de l'Intérieur a reçu ce mercredi les organisations syndicales de sapeurs-pompiers. À l'issue d'une rencontre tendue, il a promis de passer à l'action, sans convaincre les intéressés, qui appellent à une "mobilisation intensive" fin septembre.
La rencontre avait été annoncée comme celle de la dernière chance. Elle s'est soldée, ce mercredi, par un constat d'échec. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a passé un sale quart d'heure face aux représentants des syndicats de sapeurs-pompiers, venus lui exposer leurs revendications sur les effectifs, la rémunération et les conditions de travail. À l'issue de l'entretien, le locataire de la place Beauvau a tenté de rassurer : "l'heure est désormais à l'action", a-t-il annoncé. Une formule qui n'a manifestement pas suffi.
Une promesse qui n'a pas convaincu
Selon Le Figaro, les organisations syndicales se sont dites "très déçues" à la sortie du ministère. Verdict sans appel : les engagements verbaux du ministre n'ont pas été jugés crédibles face à des décennies de reports et de plans restés lettre morte. Résultat, les syndicats appellent désormais à une "mobilisation intensive" fin septembre, afin de peser sur l'exécutif avant l'examen du budget de l'État. Autant dire que le bras de fer ne fait que commencer.
La colère des soldats du feu n'est pas neuve. Sous-effectifs chroniques, matériel vieillissant, agressions en intervention, reconnaissance statutaire toujours repoussée : le dossier traîne depuis des années, de ministre de l'Intérieur en ministre de l'Intérieur. À chaque été, chaque saison des incendies, les mêmes alertes sont remontées. Et à chaque fois, le même refrain ministériel sur les concertations à venir.
Un ministre sous le feu des critiques
Ce rendez-vous raté tombe au plus mal pour Laurent Nuñez, déjà fragilisé sur un autre front. Le même jour, le ministre a dû s'expliquer sur la lettre de Gérald Darmanin pointant les failles dans la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs. Interrogé par franceinfo et BFM, il a promis de "contester" une partie de cette note et de répondre "point par point" aux critiques de son prédécesseur à Beauvau, devenu garde des Sceaux. Un règlement de comptes entre poids lourds du gouvernement, sur un sujet aussi grave, qui en dit long sur l'état de la discipline gouvernementale.
Entre les pompiers qu'on laisse s'impatienter jusqu'à la mobilisation et les polémiques internes sur la protection des mineurs, difficile de ne pas voir un ministère de l'Intérieur en pilotage automatique. On attendra donc, fin septembre, de mesurer la force réelle de cette mobilisation annoncée. Et on souhaitera bon courage au ministre : promettre que l'heure est à l'action, c'est bien. Les actes, ce sera mieux.
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