Attaque meurtrière à Trappes et La Verrière : un mort et cinq blessés, Emmanuel Macron au chevet des victimes
Par Dimitri Scudo
Le chef de l'État est arrivé vendredi en début de soirée à Trappes (Yvelines), quelques heures après la fusillade qui a coûté la vie à un homme de 26 ans et fait cinq blessés, dont une fillette de 12 ans opérée à l'hôpital Necker. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste.

Emmanuel Macron est arrivé à Trappes en ce début de soirée, quelques heures après la fusillade qui a endeuillé cette commune des Yvelines et sa voisine, La Verrière. L'Élysée avait annoncé son déplacement en fin d'après-midi. Dans la journée, le chef de l'État avait fait part de sa « profonde émotion » et de sa « reconnaissance » aux « forces de l'ordre qui ont déjà procédé à l'interpellation de l'auteur ». Sur place, il devait notamment s'entretenir avec le maire de Trappes, Ali Rabeh, et se rendre auprès des victimes et de leurs familles.
Un périple meurtrier de Trappes à La Verrière
Les faits se sont déroulés aux alentours de 10 h 30. Au volant d'une Renault Clio grise, un homme a ouvert le feu en rafales depuis son véhicule, à plusieurs endroits successifs. À Trappes, les tirs ont éclaté près du bureau de poste et du square Van-Gogh, puis aux abords du square Louis-Pergaud, de la station-service Esso et de la maison de santé. C'est près d'une aire de jeux qu'un homme de 26 ans, « d'origine africaine » selon Ali Rabeh, a été mortellement atteint « alors qu'il rendait visite à sa famille ». Une seconde victime, « d'origine maghrébine », se trouvait en urgence absolue. « Faites attention, y'a un mec qui se balade en Clio grise qui rafale tout le monde dans la zone, rentrez chez vous c'est mieux », alertait dès la matinée un internaute sur les réseaux sociaux, rapporte Le Figaro.
Le tireur a ensuite poursuivi sa route vers La Verrière. Là, deux agents d'entretien qui nettoyaient une école ont été pris pour cible, a raconté le maire Nicolas Dainville : l'homme « est sorti de son véhicule pour leur tirer dessus », avant de poursuivre son « périple meurtrier » en tirant sur une fillette de 12 ans, rue Marcel Rivière. Atteinte par huit projectiles, au foie, au rein, aux bras et aux cuisses selon sa mère, l'enfant a été opérée à l'hôpital Necker, à Paris. Son état était « stabilisé » en fin de journée, a assuré l'édile. « Elle est allée à la piscine et s'est fait tirer dessus par un lâche », a confié sa mère sur RTL, depuis l'hôpital. « Maintenant, on a peur. Nos enfants ne peuvent plus sortir. » Sur BFMTV, elle a précisé que sa fille, née en France, portait un foulard sur la tête ce matin-là : « Peut-être que c'est à cause de ça qu'il s'en est pris à elle. »
Un délinquant connu de la justice, muni d'une arme de guerre
Le suspect, Kévin T., 39 ans, né à Saint-Cyr-l'École, a été interpellé peu après les faits par les policiers de la brigade anticriminalité de Saint-Quentin-en-Yvelines, sur la RN 10, à hauteur de Coignières. La rapidité de cette arrestation a sans nul doute épargné un bilan plus lourd. L'homme était en possession d'un pistolet mitrailleur, de type Sten selon des sources concordantes, une arme automatique datant de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de grenades lacrymogènes. De la cocaïne a en outre été retrouvée dans son véhicule, selon le JDD.
Inscrit au traitement d'antécédents judiciaires pour vol, vol à l'étalage, stupéfiants et conduite sous l'emprise de l'alcool, le suspect était en revanche inconnu des services de renseignement et n'était pas fiché S, a confirmé le parquet national antiterroriste à BFMTV. Placé en garde à vue, il n'était pas en état d'être auditionné ce vendredi ; des analyses toxicologiques sont en cours. Une question s'impose d'ores et déjà : comment un délinquant de droit commun, bien connu de la police, a-t-il pu se procurer une arme de guerre et circuler avec elle, un vendredi matin, sur les routes des Yvelines ? C'est à cette interrogation, entre autres, que l'enquête devra répondre.
La qualification terroriste et la réponse de l'État
Le parquet national antiterroriste s'est saisi des faits dès la mi-journée. Il a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance que les faits ont été commis « à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ». Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, s'est rendu sur chacune des scènes de crime. Le maire de Trappes a évoqué un « attentat à connotation raciste » et estimé que le tireur avait « manifestement » l'intention de « faire un carnage ».
Sur place dès le début d'après-midi, aux côtés d'Aurore Bergé et du préfet des Yvelines Brice Blondel, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé sans détour : « C'est clairement un crime terroriste, c'est un acte extrêmement grave. » Le premier ministre Sébastien Lecornu a assuré que « l'ensemble des moyens des forces de sécurité et de l'autorité judiciaire sont pleinement mobilisés ». Gabriel Attal a écrit, si le mobile se confirme, qu'il s'agit d'une « barbarie innommable », ajoutant que « la haine tue ». Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale et députée des Yvelines, a appelé « chacun à retrouver le chemin de l'apaisement ».
Vendredi soir, le déplacement présidentiel se poursuivait auprès des victimes, de leurs proches et des services de secours. L'enquête, elle, ne fait que commencer : elle devra établir l'itinéraire exact du tireur, la genèse de son passage à l'acte et la provenance de son arme. Les familles de Trappes et de La Verrière, réveillées un vendredi matin par des rafales en pleine rue, attendent de la justice une réponse à la hauteur du crime.
Partenaires
Vous pourriez aussi aimer
Suite




