Congrès du RN : un autocar de sympathisants saccagé à la barre de fer à Grenoble, une enquête ouverte
Par Rudy Levasseur
Un autocar de la Compagnie des Autocars Lyonnais, qui devait conduire dimanche matin des sympathisants du Rassemblement national au congrès d'Orléans, a été détruit à coups de barre de fer et tagué « Gre Antifa » à la gare de Grenoble. Le parquet a ouvert une enquête pour violences volontaires aggravées et destruction du bien d'autrui.

Une attaque d'une rare violence à l'aube
Il était 5 heures, ce dimanche 25 octobre, lorsque l'autocar stationné à la gare de Grenoble a été pris pour cible. Le véhicule de la Compagnie des Autocars Lyonnais devait emmener des sympathisants du Rassemblement national au congrès du parti à Orléans, dont le deuxième jour devait s'achever par le premier grand meeting de campagne de Marine Le Pen en vue de la présidentielle de 2027.
Selon le communiqué de la compagnie, dont le contenu a été rapporté par BFMTV, l'autocar, « son équipage de deux conducteurs et les premiers passagers présents ont été la cible d'une violente attaque ». Les assaillants ont détruit l'intégralité des vitres du véhicule, pare-brise compris, à coups de barre de fer, le rendant inopérant. Ils ont en outre tagué l'inscription « Gre Antifa » sur la carrosserie, se revendiquant du mouvement « Grenoble Antifa ». La navette n'a jamais pu prendre la route d'Orléans.
Une entreprise qui n'a « pas à prendre parti »
La Compagnie des Autocars Lyonnais a tenu à rappeler qu'elle assure « des déplacements pour des partis politiques de gauche comme de droite, des syndicats, des associations et des groupes de supporters » et qu'elle n'a « pas à prendre parti dans les débats politiques ». Elle dit condamner « avec la plus grande fermeté cette attaque et ces violences inacceptables », estimant qu'aucun désaccord politique ne saurait justifier de s'en prendre « à des conducteurs, à des passagers ou à leur moyen de transport ».
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête « des chefs de violences volontaires aggravées et destruction du bien d'autrui », a indiqué la procureure de la République adjointe, Marianne Thirard. Aucune interpellation n'a été annoncée dans l'immédiat.
Un congrès tenu sous haute tension
L'attaque de Grenoble survient alors que le XIXe congrès du Rassemblement national se déroule depuis samedi à Orléans, dans un climat particulièrement tendu. La veille, Jordan Bardella y a été réélu à la tête du parti, selon les résultats annoncés ce samedi. La contre-manifestation organisée dans la ville a rassemblé entre 11 000 et 26 000 personnes, selon les chiffres respectifs de la préfecture et des organisateurs, à l'appel d'une cinquantaine d'organisations, de syndicats et de mouvements politiques, principalement de gauche. Olivier Faure, Sophie Binet et Bally Bagayoko devaient notamment y participer.
Le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, avait prévenu avant le week-end que des organisations de la mouvance d'ultragauche avaient affiché leur intention d'empêcher la tenue du congrès. Il avait interdit les rassemblements à proximité du site. Près de 3 000 policiers et gendarmes ont été déployés à Orléans pour sécuriser l'événement. À Grenoble, en revanche, à 400 kilomètres de là, aucun effectif ne veillait sur un autocar garé devant la gare à cinq heures du matin.
Des violences qui changent d'échelle
Cet épisode s'inscrit dans une séquence de forte radicalisation. Samedi, une nouvelle journée de mobilisation sociale a donné lieu à au moins un millier d'interpellations sur tout le territoire, avec des affrontements à Lyon, Grenoble, Lille, Marseille, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Toulouse. Une semaine plus tôt, le 17 octobre, des scènes de pillage et d'incendies de bâtiments publics avaient secoué le pays, conduisant Jordan Bardella à juger que « l'ordre n'existe plus aujourd'hui en France » et à aporter « un soutien très ferme et très clair aux forces de police ».
Reste que la méthode employée à Grenoble marque un pas de plus : il ne s'agit plus seulement d'affronter les forces de l'ordre en marge des cortèges, mais de s'en prendre, de nuit et à l'arme contondante, à de simples voyageurs et à leurs conducteurs pour les empêcher de se rendre à un congrès légal. L'enquête devra établir l'identité des auteurs, qui ont pris soin de signer leur forfait. Le meeting de clôture de Marine Le Pen, prévu ce dimanche à Orléans, se déroulera dans ce contexte, sous la protection du dispositif policier déployé par la préfecture du Loiret.
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