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Bally Bagayoko, élu de Saint-Denis, rappe contre les "flocons" entouré de fumeurs de cannabis : la lutte contre la délinquance version LFI
L'adjoint au maire de Saint-Denis chargé de la jeunesse s'offre un clip de rap en pleine cité, aux côtés de consommateurs de cannabis bien visibles. La prévention, façon Jean-Luc Mélenchon.

On croyait avoir tout vu en matière de communication municipale à Saint-Denis. Raté. Bally Bagayoko, adjoint au maire PS Mathieu Hanotin — et figure locale de La France insoumise — a jugé bon de s'offrir une apparition dans un clip de rap tourné dans une cité de sa ville, où l'on voit tranquillement des jeunes fumer du cannabis à l'image. Le tout, paraît-il, pour porter un message de paix sociale. On applaudit la cohérence.
Dans le morceau, l'élu se met en scène et assène que « les flocons, on peut pas les tolérer » — comprendre les policiers, pour les non-initiés au langage des cités. Voilà donc un adjoint au maire, rémunéré par le contribuable, qui crache sur les forces de l'ordre entre deux bouffées de shit filmées en gros plan. On cherche encore la ligne rouge chez nos édiles franciliens. Elle doit être en réunion.
La prévention version LFI : fumer avec les jeunes plutôt que les protéger
Le personnage n'est pas un inconnu. Bally Bagayoko, délégué à la jeunesse, s'est fait une spécialité de la provocation policière, entre procès en illégitimité permanente des forces de l'ordre et complaisance affichée pour le « vivre ensemble » des quartiers. Son CV parle de lui-même : à Saint-Denis, on préfère un élu qui roule des pétards symboliques avec la jeunesse plutôt qu'un élu qui exige le respect de la loi. La drogue, fléau qui gangrène ces mêmes cités et alimente les trafics qui y font régner la terreur ? Visiblement, un détail de décor pour un bon clip.
Et le maire socialiste Mathieu Hanotin, dans tout ça ? Silence radio. L'édile qui aime tant dérouler le tapis rouge aux Insoumis lors des élections semble moins pressé quand il s'agit de recadrer son propre adjoint. Curieuse conception de l'exemplarité républicaine : on déplore les trafics en conseil municipal, puis on laisse son délégué jeunesse poser devant la caméra au milieu des consommateurs.
Deux poids, deux mesures, version Seine-Saint-Denis
Imaginez un instant qu'un élu de droite tienne de tels propos, ou se prête à pareille mise en scène. La meute médiatique aurait déjà aboyé à la démission, les associations seraient montées au créneau, et Gérald Darmanin aurait convoqué une conférence de presse. Mais là, il s'agit d'un élu insoumis dans une ville tenue par la gauche : circulez, il n'y a rien à voir, c'est de la « culture urbaine ».
Pendant ce temps, les habitants de Saint-Denis — ceux qui bossent, qui élèvent leurs enfants, qui rêvent simplement de rentrer chez eux sans croiser un deal — regardent leur adjoint jeunesse faire le clippeur. Le message envoyé à la jeunesse est limpide : la loi, on s'en moque, tant que le flow est bon. Belle leçon de République. Après tout, pourquoi lutter contre les trafics quand on peut leur servir de figurant ?
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