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Justice

Pour éric coquerel, si bally bagayoko est autant ciblé, c'est par jalousie "de voir un noir issu des quartiers populaires réussir mieux que la plupart des gens

Par la rédaction Le Rempart

Visé par une enquête du parquet national financier pour détournement de fonds publics, le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko reçoit le soutien indéfectible de son camp. Éric Coquerel a sa démonstration : on le cible par jalousie de voir un Noir issu des quartiers populaires réussir.

Pour éric coquerel, si bally bagayoko est autant ciblé, c'est par jalousie "de voir un noir issu des quartiers populaires réussir mieux que la plupart des gens

La défense en carton-pâte d'Éric Coquerel

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête visant le maire Insoumis de Saint-Denis pour «détournement de fonds publics, recel et concussion». Bally Bagayoko est soupçonné d'emploi fictif et de cumul irrégulier entre ses fonctions à la RATP, où il est cadre à temps plein depuis 2001, et ses mandats d'élu local. Des faits précis, matériels, vérifiables. Mais chez LFI, on préfère la théorie sociologique.

Sur LCI, ce mardi, Éric Coquerel, président LFI de la commission des finances de l'Assemblée, a livré son analyse : «Ce que l'on ne supporte pas, c'est le fait qu'il soit noir.» Le député y voit de la jalousie : celle qu'inspirerait «un noir issu des quartiers populaires» qui réussit «mieux que la plupart des gens». Voilà donc le vrai mobile de l'enquête, selon Monsieur finance du parti : l'envie. «Et en plus Insoumis», ajoute-t-il, «c'est la cerise sur le gâteau». L'affaire serait donc «politique», et l'enquête «ne mènera à rien». Circulez, la justice n'a qu'à bien se tenir.

De la couleur de peau aux socialistes : la playlist complète

La théorie raciale n'épuise pas l'imagination insoumise. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, a dénoncé sur BFMTV/RMC un «acharnement politique» et mis en garde contre les «calomnies» de la campagne présidentielle. «Ne croyez pas les choses qui sont dites sur nous, vérifiez tout», a-t-elle enjoint, persuadée que l'édile sera «blanchi».

Mieux : les Insoumis ont un coupable de substitution. Selon Mathilde Panot, «cette affaire vient de Frédéric Haziza», journaliste à Radio J, «en lien avec l'ancien directeur de cabinet socialiste de l'ancien maire». Comprendre : les socialistes, battus par Bagayoko aux municipales après une campagne féroce contre Mathieu Hanotin, auraient ourdi la machine judiciaire. Le principal intéressé a d'ailleurs publié une vidéo sur ses réseaux sociaux, en pleine conversation téléphonique, sortant d'un véhicule : «Les socialistes n'ont pas digéré la défaite, mais la machine à remonter le temps n'existe pas.» Tout en se disant «serein sur l'issue». La mise en scène valait bien quelques heures de tournage.

Une plainte qui dérange le storytelling

Problème : la plainte à l'origine de l'enquête émane de l'association AC!! Anti-corruption, qui soupçonne «un système organisé et structuré d'emplois fictifs et non d'actes isolés», touchant des «élus parisiens et franciliens à la RATP, de tout bord politique». De tout bord. Voilà qui complique le récit d'une vendetta raciale ou socialiste ciblant spécifiquement la «Nouvelle France» chère à Jean-Luc Mélenchon. La RATP, elle, a démenti «les allégations d'emploi de complaisance au sein de l'entreprise».

Élu dès le premier tour en mars dernier, Bally Bagayoko était devenu la figure de proue du mouvement. C'est peut-être cela, au fond, le plus gênant pour LFI : voir sa vitrine des quartiers populaires rattrapée par une question aussi banale qu'un bulletin de salaire. On attend désormais que le PNF se mette à la jalousie, apparemment nouveau critère d'ouverture d'enquête.

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