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Politique

Marine Tondelier appelle à la désobéissance civile si le RN accède au pouvoir en 2027 : "ce parti n'est pas républicain"

Par la rédaction Le Rempart

En déplacement à Grenoble dans le cadre de la pré-campagne présidentielle 2027, la patronne des Écologistes Marine Tondelier a appelé à la désobéissance civile en cas de victoire du Rassemblement national, estimant que "ce parti n'est pas républicain".

Marine Tondelier appelle à la désobéissance civile si le RN accède au pouvoir en 2027 : "ce parti n'est pas républicain"

La gauche française a décidément un don pour la pédagogie démocratique. À Grenoble, où elle défendait ce week-end la ligne de l'union à gauche malgré la pression de La France insoumise, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a franchi un cap rhétorique rare : appeler ouvertement à la désobéissance civile si le Rassemblement national remportait la présidentielle de 2027.

Les mots de Grenoble

"En tout cas, moi, je le ferai, ce parti n'est pas républicain", a déclaré la cheffe de file écologiste, selon les propos rapportés dans la presse. Une formule qui ne souffre guère l'ambiguïté : si les électeurs français choisissent démocratiquement le RN dans les urnes, une responsable politique nationale annonce qu'elle refusera le résultat par l'action. L'appel à la désobéissance civile, traditionnellement réservé à la contestation de lois jugées injustes, devient ici une réponse préventive à un scrutin qui n'a pas encore eu lieu.

Le contexte n'est pas anodin. Tondelier était à Grenoble pour tenir la ligne de l'union à gauche, stratégie mise à mal par les tensions avec LFI. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon s'est illustré par des propos visant les préfets, qualifiés de "inacceptables et indignes" par Marine Le Pen ce dimanche 23 août. À gauche, donc, on menace tour à tour les représentants de l'État et on promet de bloquer le pays si le vote ne convient pas.

Une escalade qui profite à qui ?

Car voilà le paradoxe savoureux de cette séquence. Pendant que la gauche radicale multiplie les sorties de route, le RN n'a qu'à se taire et ramasser les points. Même l'Otan s'en mêle désormais : selon Courrier international, l'Alliance atlantique "s'inquiète de la possible élection de Marine Le Pen" en 2027. Quand une organisation militaire internationale commente un scrutin national français, on mesure à quel point la campagne de 2027 a déjà quitté les rivages de la politique ordinaire.

Reste une question simple, que ni Tondelier ni ses amis ne posent jamais : quelle légitimité accorde-t-on au suffrage universel ? La désobéissance civile, de Gandhi à Luther King, visait des régimes qui refusaient le vote aux citoyens. Ici, il s'agirait de désobéir précisément à ce que les citoyens auraient décidé. Renversant.

La République à géométrie variable

Le mot "républicain" mérite aussi un examen. Dans la bouche des Écologistes, un parti élu au suffrage universel, respectant les règles du jeu électoral et candidate à toutes les élections depuis des décennies, ne serait pas républicain. En revanche, appeler publiquement à refuser l'alternance démocratique, cela serait le sommet de la vertu civique. On croit rêver, mais non : c'est la campagne 2027, et elle n'a même pas officiellement commencé.

Les électeurs, eux, trancheront. Et c'est précisément ce qui semble effrayer à gauche.

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